Kinshasa, 3 avril 2026- Le président rwandais Paul Kagame a réagi à la présence de l’ancien chef de l’État congolais Joseph Kabila à Goma, lors d’un entretien accordé à Jeune Afrique. Interrogé sur un éventuel feu vert de Kigali, il a rejeté toute implication directe, présentant cette présence comme une décision personnelle de l’ancien président congolais dans un contexte politique et sécuritaire tendu.
Selon Paul Kagame, toute personne souhaitant contribuer à la stabilité du Congo devrait pouvoir agir librement, y compris sur son propre territoire
« Tous ceux qui souhaitent prendre part à la lutte pour un Congo stable sont les bienvenus. Kabila a fait ses choix. Vous connaissez ses problèmes. Le gouvernement congolais le poursuit, il a été condamné à mort, une partie de ses biens a été saisie et il veut affronter cette situation dans son propre pays. Je ne vois pas pourquoi je lui refuserais le passage. Cela n’aurait pas de sens », a-t-il déclaré.
À travers cette déclaration, le président rwandais cherche à dissiper les soupçons d’un soutien direct de Kigali à l’ancien président congolais, tout en insistant sur le caractère individuel de sa démarche. Il présente la présence de Joseph Kabila à Goma comme une conséquence de la situation politique interne en RDC plutôt qu’une initiative soutenue par le Rwanda.
Le chef de l’État rwandais est également revenu sur la question du M23, souvent accusé par Kinshasa d’être soutenu par Kigali. « Le M23 n’est pas un mouvement rwandais, mais un mouvement congolais désormais appelé AFC/M23, auquel est associé l’ancien président Joseph Kabila », a affirmé Paul Kagame, rejetant ainsi les accusations d’ingérence du Rwanda dans la rébellion active dans l’est de la République démocratique du Congo.
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, autour de la guerre dans l’est de la RDC et du rôle présumé du Rwanda dans le soutien au M23.
La présence de Joseph Kabila à Goma continue toutefois de susciter des interrogations au sein de l’opinion publique et de la classe politique congolaise, certains y voyant un élément susceptible de compliquer davantage les efforts diplomatiques et sécuritaires en cours dans la région.
Dans un contexte régional fragile, cette déclaration de Kigali pourrait relancer les débats sur le rôle des acteurs politiques et militaires impliqués dans la crise de l’est de la RDC, alors que la communauté internationale appelle à une désescalade et à une solution politique durable.
