Kinshasa, 14 avril 2026- Le député provincial élu de Mutshatsha, Eddy Kapend, fait face à une procédure judiciaire en gestion, après avoir multiplié les dénonciations contre la gestion et les pratiques jugées opaques au sommet de la province du Lualaba. Réagissant à ses prises de position et à ses contrôles parlementaires jugés dérangeants, un député suppléant proche du vice-gouverneur aurait été mobilisé pour enclencher une procédure contre lui.
Selon plusieurs sources, l’élu est reproché d’avoir « trop dérangé » par ses initiatives de contrôle parlementaire. Eddy Kapend s’est notamment illustré en dénonçant la violation des procédures dans l’exécution de certains projets, rappelant que toute initiative publique doit au préalable obtenir l’approbation de l’Assemblée provinciale, organe constitutionnel de contrôle.
Sur le terrain, son action lui a valu un soutien populaire, mais aussi des inimitiés au sein du pouvoir provincial. À Katebi 1 et à Lualaba Mumpanja, dans le territoire de Mutshatsha, plusieurs familles menacées de délocalisation forcée dans le cadre d’un projet de centre financier ont été maintenues sur leurs terres grâce à son intervention. Une victoire sociale qui aurait suscité des tensions dans certains cercles influents.
Mais le député ne s’est pas limité aux questions foncières. Il a également initié une question orale contre le ministre provincial des Infrastructures, pointant les défaillances dans la réalisation des ouvrages publics.
Cette démarche a été suivie d’un blocage au sein de l’Assemblée provinciale, accompagné d’attaques verbales et de tentatives d’humiliation en pleine séance plénière, révélant un climat institutionnel particulièrement tendu.
Le même schéma s’est reproduit lorsqu’il a pris la défense des victimes de la démolition du site Golf ISTM. Là encore, Eddy Kapend aurait essuyé des attaques publiques et une hostilité ouverte du bureau de l’Assemblée, renforçant l’idée d’un isolement progressif au sein de l’institution. Aujourd’hui, la pression semble atteindre un nouveau palier.
La plainte déposée contre lui serait suite à une question orale adressée au ministre des Finances, portant sur le financement de la cathédrale Sainte Marie de Maria Police. Une démarche jugée sensible, dans la mesure où elle soulève des interrogations sur la traçabilité des fonds mobilisés.
En effet, le gouverneur de province et le président de l’Assemblée provinciale avaient eux-mêmes indiqué que des fonds publics avaient été débloqués pour la construction de cette infrastructure religieuse.
Dès lors, plusieurs zones d’ombre persistent : l’origine exacte des fonds, leur traçabilité, ainsi que le choix de financer un édifice religieux spécifique, en l’occurrence catholique, au détriment d’autres confessions.
Pour ses soutiens, cette procédure judiciaire apparaît comme une tentative de musellement politique visant à freiner un élu devenu trop critique.
Dans les couloirs de l’Assemblée provinciale, un constat circule : Eddy Kapend serait désormais considéré comme un adversaire à neutraliser.
Cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre le pouvoir exécutif provincial et certains élus engagés dans le contrôle de l’action publique, dans un contexte où les questions de gouvernance, de transparence et de respect des procédures restent au cœur du débat politique au Lualaba.
