Kinshasa, 22 avril 2026- Dix-huit députés de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu ont déposé une motion de censure contre le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki, dénonçant une gestion jugée opaque et inefficace dans un contexte marqué par la guerre à l’Est et la présence du M23 dans plusieurs zones de la province.
Siégeant actuellement à Uvira après la relocalisation des institutions provinciales consécutive à la dégradation sécuritaire, les élus provinciaux pointent une absence d’investissements publics visibles malgré d’importantes ressources financières mobilisées depuis l’investiture du gouverneur en juin 2024.
Cette initiative intervient également dans un climat de tensions politiques internes, notamment entre le gouverneur et son vice-gouverneur Jean Jacques Elakano.
Au cœur de la motion, les députés structurent leurs accusations autour de plusieurs griefs précis :
Principaux griefs :
1. Détournements présumés estimés à 5,5 millions USD par mois, soit environ 44 millions USD en huit mois
2. Absence d’investissements publics malgré les fonds mobilisés
3. Mauvaise gestion des fonds destinés aux Wazalendo (700 000 USD)
4. Émission de chèques sans provision (330 000 USD)
5. Opacité autour des fonds STAR-EST (90 millions USD)
6. Détournement présumé de recettes fiscales et minières (plusieurs centaines de milliers USD)
7. Gestion contestée de 1,7 million USD envoyés par le gouvernement central
8. Retrait suspect de 400 000 USD et disparition de lingots d’or sous séquestre
9. Détournement présumé de biens publics, notamment des véhicules
10. Absence d’actions concrètes en infrastructures (voiries à Uvira, Baraka, Kamituga)
11. Récupération politique de projets financés par le gouvernement central
12. Tensions internes avec le vice-gouverneur et crise de gouvernance provinciale.
Dans leur démarche, les élus affirment s’appuyer sur les dispositions légales encadrant le contrôle parlementaire provincial. Ils estiment que la situation actuelle, combinant crise sécuritaire, déplacement des institutions et gouvernance contestée, nécessite des mesures fortes pour restaurer la confiance et la transparence dans la gestion publique.
Cette motion ouvre ainsi une nouvelle séquence politique au Sud-Kivu, dans une province déjà fragilisée par l’instabilité sécuritaire et les défis de gouvernance liés au contexte de guerre.
