Kinshasa, 22 avril 2026-Plus de 480 personnes ont été condamnées à mort en 2024 en République démocratique du Congo, selon des rapports d’organisations de défense des droits humains.
D’après ces données publiées en avril 2026 par Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Culture pour la Paix et la Justice (CPJ), ce chiffre marque une hausse spectaculaire de 300 % par rapport à l’année précédente.
Réagissant à cette évolution, les deux organisations alertent sur une dynamique judiciaire préoccupante, intervenue dans un contexte marqué par la levée, en mars 2024, du moratoire sur les exécutions en vigueur depuis 2003.
Fruit de onze mois d’enquête menée dans une vingtaine de prisons à travers le pays, le rapport évoque de graves dysfonctionnements de la chaîne pénale.
Il met en cause des procédures expéditives, des allégations de torture lors des interrogatoires, ainsi qu’un accès quasi inexistant à l’assistance juridique pour les personnes poursuivies.
Au-delà des juridictions, les enquêteurs décrivent également des conditions de détention extrêmement dégradées. À la prison centrale de Makala, à Kinshasa, la surpopulation est estimée à plus de 1 000 %, illustrant, selon le rapport, une situation humanitaire critique.
Dans leurs recommandations, ECPM et CPJ appellent les autorités congolaises à suspendre toute exécution et à s’engager vers une réforme profonde du système judiciaire, avec en ligne de mire la question de l’abolition de la peine de mort.
