Kinshasa, 24 avril 2026- Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a fermement condamné le déferlement d’insultes visant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, sur fond de polémique persistante après sa récente intervention sur TV5 Monde autour de l’accueil de migrants expulsés des États-Unis.
Dans une déclaration publique, Christian Bosembe dénonce « la banalisation des invectives dirigées contre les autorités de la République », rappelant que les divergences d’opinion ne sauraient justifier « la dérive vers l’invective et le mépris ».
Il insiste sur la nécessité de préserver un débat fondé sur la tolérance, le respect et la responsabilité, dans un contexte où les prises de position de la cheffe du gouvernement continuent de susciter de vives réactions.
Au cœur de cette controverse, les propos de Judith Suminwa Tuluka sur la gestion du dossier migratoire avec Washington. Lors de son passage sur TV5 Monde, elle avait présenté l’accueil de migrants en RDC comme un « service rendu à l’Amérique », tout en assurant que leur séjour serait temporaire et pris en charge par les États-Unis.
Mais ses explications, jugées incomplètes, notamment sur la nationalité exacte des personnes concernées évoquées simplement comme originaires d’Amérique latine ont alimenté critiques et interrogations sur la transparence et la maîtrise du dossier.
C’est dans ce climat que le CSAC annonce avoir engagé des démarches avec les plateformes numériques pour faire cesser les activités de comptes considérés comme nuisibles ou relevant de la propagande.
L’organe de régulation met en garde contre un usage abusif des réseaux sociaux susceptible de fragiliser le vivre-ensemble, prévenant que des mesures plus strictes pourraient être envisagées en cas de non-coopération.
« Le désaccord est légitime, la critique est saine ; l’insulte, elle, est inacceptable », a conclu Christian Bosembe, appelant à un sursaut collectif pour préserver la qualité du débat public en République démocratique du Congo, alors que la polémique autour du dossier migratoire reste vive.
