Kinshasa, 10 août 2025- Le récent remaniement gouvernemental décidé par le chef de l’État et officialisé le vendredi 8 août par la porte-parole Tina Salama sur les ondes de la RTNC continue d’alimenter les débats. Parmi les acteurs politiques attendus dans cette nouvelle équipe, le camp de Martin Fayulu attire l’attention, surtout après la rencontre entre le président de l’ECiDé et Félix Tshisekedi au début du mois de juin.
À la surprise générale, la coalition Lamuka, dirigée par Fayulu, ne figure pas dans la composition du gouvernement Suminwa 2. Pour ce regroupement politique, cette absence traduit une stratégie du pouvoir visant à différer l’ouverture du dialogue national et, en réalité, à préparer un dépassement du délai constitutionnel pour les élections générales prévues en 2028.
« Pour nous, il est hors de question de différer le dialogue pour préparer un glissement. Y a-t-il un seul Congolais qui accepterait l’absence d’élections en 2028 ? », a déclaré Prince Epenge, porte-parole de Lamuka, à son retour d’un séjour à l’étranger, lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Ndjili.
Selon ce dernier, le président Tshisekedi aurait souhaité inclure la coalition Lamuka dans la nouvelle équipe gouvernementale, mais son chef de file a décliné la proposition. Interrogé sur les raisons de ce refus alors qu’un rapprochement semblait possible, Prince Epenge explique :
« Nous avons refusé car l’urgence est de pacifier le pays, de libérer les territoires occupés au Nord et Sud-Kivu, de réconcilier les Congolais et d’amorcer les réformes, notamment électorales. À deux ans et demi de la fin du mandat de Félix Tshisekedi, il est temps d’agir. »
Le gouvernement Suminwa 2 compte 53 membres, parmi lesquels figurent de nouvelles figures issues de la société civile et de partis alliés au pouvoir. On y retrouve notamment l’opposant Adolphe Muzito, nommé vice-Premier ministre en charge du Budget. Fayulu, comme d’autres leaders de l’opposition, continue de plaider pour la convocation rapide d’un dialogue national afin d’identifier les racines de la crise sécuritaire et politique et de favoriser la réconciliation ainsi que la cohésion nationales.
