Kinshasa, 08 août 2025- Le gouvernement Suminwa II a été officiellement dévoilé dans la nuit du jeudi, à travers une ordonnance présidentielle lue sur les antennes de la RTNC par Tina Salama, porte-parole du président Félix Tshisekedi. Cette équipe gouvernementale compte 53 membres, mais l’absence de Martin Fayulu et de son parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDè) a immédiatement attiré l’attention.
En réaction à cette exclusion, Prince Epenge, proche collaborateur de Fayulu, a pris la parole pour justifier cette absence dans la nouvelle équipe. Selon lui, « On n’entre pas au gouvernement par peur, intimidation, menace, chantage, agression, par pitié ou pour l’argent. Tout rassemblement doit viser le progrès et la solution, pas le blocage. La stratégie qui consiste à retarder les initiatives de paix et de dialogue interne pour gagner du temps est suicidaire et coûtera des vies. L’homme prudent voit le danger de loin. Nous avons refusé et dit non par patriotisme et conviction, pas par défi. »
Cette prise de position s’inscrit dans une logique de responsabilité politique forte, qui vise à privilégier l’intérêt national avant tout. Le 5 juin dernier, Martin Fayulu avait déjà souligné la gravité de la situation actuelle lors d’une rencontre avec le président Tshisekedi au Palais de la Nation. « Le pays est dans une phase très difficile. Nous sommes attaqués de partout. Nous avons besoin de cohésion nationale », avait-il déclaré devant la presse.
Au cours de cette même rencontre, l’opposant avait vivement insisté sur la nécessité d’un dialogue social inclusif. « Avec toutes nos crises : crise sociale, crise politique et crise sécuritaire, la solution est un dialogue social. Je lui ai demandé de tout faire pour rencontrer les évêques de la CENCO et les pasteurs de l’ECC afin de voir ensemble ce pacte social qu’ils proposent. À ce sujet, le président Tshisekedi a promis de donner sa réponse rapidement », avait-il ajouté.
Concernant une participation éventuelle au sein des institutions, Martin Fayulu avait précisé que ce point n’avait pas encore été abordé lors des échanges. Cette absence de discussion témoigne d’une certaine distance prise face au gouvernement actuel.
Il est utile de rappeler que, contrairement à Fayulu, un autre opposant politique, Adolphe Muzito, a intégré le nouveau gouvernement en tant que vice-premier ministre et ministre du Budget. Cette divergence reflète les différentes stratégies adoptées au sein de l’opposition congolaise face au pouvoir en place.
