Kinshasa, 26 Février 2026- Depuis la révision tarifaire décidée par le gouvernement, le passeport biométrique de la République démocratique du Congo est officiellement délivré au prix unique de 75 USD, une mesure présentée comme une avancée majeure pour rendre ce document plus accessible à la population.
Cependant, sur le terrain, la réalité décrite par plusieurs usagers contraste avec les annonces officielles.
Selon des témoignages recueillis auprès de demandeurs, la somme réellement déboursée dépasserait largement le tarif réglementaire. Certains évoquent des montants atteignant 350 dollars.
Ces coûts additionnels résulteraient de frais informels et de « facilitations » exigés à différentes étapes du processus, notamment pour l’obtention ou la validation du numéro d’impôt (NIF), l’achat du formulaire, le passage à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) pour l’approbation sécuritaire, certaines démarches aux Affaires étrangères, ainsi que lors de la capture biométrique à Kinshasa.
Un membre de la société civile dénonce une pratique devenue courante :
« Ces “petits trucs” supplémentaires, souvent présentés comme indispensables pour “activer le dossier” ou accélérer les démarches, illustrent la persistance de pratiques opaques et de corruption qui contredisent les annonces officielles promettant un coût unique et transparent de 75 USD. »
Du côté du ministère concerné, le discours reste inchangé.
Un responsable affirme que le prix officiel demeure fixé à 75 dollars et invite les victimes de ces pratiques à saisir les autorités compétentes afin que des sanctions soient prises contre les auteurs de ces dérives.
Cette situation met en lumière le décalage persistant entre les réformes annoncées et leur application effective.publics
Pour de nombreux Congolais, la question du passeport biométrique dépasse la simple formalité administrative : elle symbolise la lutte contre les tracasseries et la nécessité d’une gestion plus transparente des services publics.
