Kinshasa, 8 février 2026- Dans la chefferie de Kaziba, située dans le territoire de Walungu au sud de Bukavu, un drame humanitaire majeur se déroule loin des regards. La zone, privée de connexion internet et de réseau téléphonique, est sous le contrôle des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, et les civils vivent au milieu d’un véritable champ de mines.
Selon des sources locales recoupées, au moins 97 civils ont été tués et 235 autres grièvement blessés par des mines antipersonnel et engins explosifs dispersés sur les collines et les axes de passage. Parmi les victimes, on compte des enfants sur le chemin de l’école, des agriculteurs se rendant aux champs, et des femmes en quête de bois.

Les structures sanitaires locales, déjà fragiles, peinent à répondre aux besoins en soins, avec de graves ruptures de médicaments aggravées par l’insécurité persistante.
La situation reste largement invisible à l’échelle nationale et internationale. Depuis l’arrivée du M23/RDF, Kaziba est plongée dans un black-out communicationnel total.
Aucun opérateur téléphonique ne couvre la zone. Pour donner des nouvelles ou alerter sur leur situation, les habitants doivent grimper sur des collines à la recherche d’un signal, au péril de leur vie, alors même que ces collines sont lourdement minées.
Ces actes constituent de graves violations du droit international humanitaire, notamment la Convention d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, ratifiée par le Rwanda, ainsi que le Statut de Rome de la Cour pénale internationale protégeant les populations civiles en temps de conflit.
Face à cette tragédie, une lueur d’espoir apparaît : les équipes de démineurs de la Croix-Rouge ont entamé les premiers travaux de sécurisation dans certaines zones de Kaziba.

Ces opérations visent à sécuriser les axes les plus dangereux et à sauver des vies, alors que la population vit au milieu de ce que certains qualifient de cimetière à ciel ouvert.
Les images de terrain et les témoignages recueillis confirment l’ampleur des violences subies par les civils et l’urgence d’une mobilisation internationale. À Kaziba, le silence des réseaux ne peut plus masquer la réalité : chaque jour, des civils meurent loin des caméras, dans l’indifférence générale.
