Kinshasa, 28 août 2025- À quelques jours de la rentrée scolaire prévue le 1er septembre à Goma, les familles vivent une véritable angoisse financière. La reprise des cours se heurte à une crise monétaire profonde qui frappe aussi bien les ménages que les commerçants.
Depuis le début de l’année 2025, banques et institutions de microfinance de la capitale provinciale du Nord-Kivu n’ont plus ouvert leurs portes. Cette paralysie prive les habitants de leurs économies et coupe l’accès à la liquidité nécessaire pour les dépenses scolaires.
Les services de transfert via téléphone portable demeurent la seule option encore fonctionnelle. Mais ils s’accompagnent de contraintes multiples : frais élevés, plafonds de retrait et indisponibilité régulière des fonds, compliquant davantage la vie quotidienne.
Au marché de Birere, habituellement très animé à l’approche de la rentrée, l’activité a nettement chuté. Le manque de clients pèse lourdement et les prix se sont effondrés. Une vendeuse de fournitures confie avoir vu le prix du cartable passer de 25 à 10 dollars, signe manifeste de l’érosion du pouvoir d’achat.
Malgré tout, certains parents persistent à se procurer le strict minimum, convaincus que l’éducation reste un levier indispensable pour l’avenir de leurs enfants. D’autres, totalement asphyxiés par la crise, renoncent même à inscrire leurs enfants cette année.
Ainsi, à Goma, la rentrée scolaire se prépare dans un climat d’incertitude et de précarité. L’absence de système bancaire opérationnel et la circulation réduite de liquidités risquent de plonger toute une génération dans une année compromise.
