Kinshasa, 17 août 2025- Le président Angolais João Lourenço, médiateur attitré de la région des Grands Lacs, a réagi à la main tendue de Félix Tshisekedi au Rwanda. Pris à témoin la semaine dernière à Bruxelles par son homologue congolais, le chef de l’État angolais a livré une réponse sans détour.
Selon lui, pour espérer un retour durable à la paix en République démocratique du Congo, trois conditions s’imposent.
D’abord, le retrait total des troupes rwandaises (RDF) du territoire congolais, actuellement engagées aux côtés du M23 dans l’Est du pays. Ensuite, le désarmement et la neutralisation des FDLR, un groupe armé d’origine rwandaise dont Kinshasa est accusé de tolérer sur son sol depuis plusieurs années. Enfin, le Président Angolais estime indispensable l’ouverture d’un dialogue intercongolais franc et inclusif, une démarche qui impliquerait toutes les forces politiques et sociales du pays, y compris certaines voix critiques du pouvoir.
Cette position, désormais partagée par plusieurs partenaires internationaux dont les États-Unis, la Belgique, l’Union africaine et autres, s’impose peu à peu comme la voie de sortie de crise privilégiée par la communauté internationale.
Félix Tshisekedi, lui, continue de rejeter fermement cette option, y voyant une manœuvre visant à légitimer les rebelles du M23 et à fragiliser les institutions issues des élections de 2023.
Mais l’isolement diplomatique du président congolais se creuse. À mesure que les capitales étrangères appellent à une solution politique interne, la question se pose avec acuité : jusqu’à quand le chef de l’État pourra-t-il résister à la pression régionale et internationale ?
