Kinshasa, le 29 octobre 2025- Le Front Commun pour le Congo (FCC) dit dénoncer avec la plus grande fermeté la décision du gouvernement congolais de suspendre les activités de l’Alliance des Travailleurs pour le Développement (ATD), l’un de ses partis politiques membres.
Dans un communiqué signé par Raymond Tshibanda Ntungamulongo, le FCC qualifie cette mesure d’arbitraire, d’illégale et de scandaleuse, y voyant une nouvelle preuve de la dérive autoritaire du régime actuel. “Hier le PPRD, aujourd’hui l’ATD, demain à qui le tour ?”, s’interroge le regroupement politique dans un ton d’alerte.
Quelques heures seulement après la suspension du PPRD, un autre parti du FCC, le Parti ATD, a également été frappé d’interdiction. Pour le Front Commun, ces actes successifs constituent une attaque frontale contre la démocratie, une violation flagrante de la Constitution et un aveu de panique d’un pouvoir en perte de repères.
“Le pouvoir en place n’admet plus la contradiction. Toute voix dissidente est étouffée, toute opinion libre est criminalisée”, peut-on lire dans le communiqué.
Le FCC compare la situation actuelle à “un nouvel Archipel du Goulag” où, selon lui, la justice et les institutions de la République seraient instrumentalisées pour museler l’opposition et intimider les citoyens. Le texte accuse le régime de recourir à la peur, à la suspension et à la répression pour réduire au silence tous ceux qui refusent d’applaudir servilement le “Roi Soleil”.
Pour la plateforme de l’ancien président Joseph Kabila, participer à une réunion politique ou à un débat public est désormais perçu comme un crime, et penser différemment vaut condamnation d’office.
Le Front Commun s’indigne notamment de ce qu’il qualifie de “crime de lèse-majesté” commis par le président national de l’ATD pour avoir exprimé, au cours d’une interview à Top Congo FM, une opinion contraire à celle du pouvoir. Une réaction “épidermique et inique”, selon le FCC, qui traduit l’intolérance du régime face à toute contradiction.
Par ailleurs, Raymond Tshibanda et son regroupement exigent la levée immédiate et sans condition de cette suspension, qu’ils jugent illégale et politiquement motivée. Toute fois, Ils saluent le courage et la détermination du leadership de l’ATD face à la peur et à la violence institutionnalisée, tout en les exhortant à poursuivre leurs activités politiques dans le respect de la loi et de la Constitution.
Enfin, le FCC met en garde contre la consolidation d’une “dictature chaque jour plus féroce” en République Démocratique du Congo. Il rappelle qu’aucune répression, ni suspension, ni intimidation n’a jamais eu raison de la volonté d’un peuple de vivre libre dans un État de droit. “Qu’ils le veuillent ou non, il en sera ainsi dans ce beau et grand pays, gâchette de l’Afrique”, conclut Raymond Tshibanda, réaffirmant la détermination du FCC à défendre la liberté, la démocratie et le pluralisme politique.
