Kinshasa, 29 novembre 2025- En séjour devant la diaspora congolaise en Serbie, le chef de l’Etat Félix Tshisekedi a tenu à clarifier la nature des accords qui seront entérinés le 4 décembre prochain entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ainsi que les conditions préalables à toute normalisation.
Réagissant aux inquiétudes suscitées par l’accord signé sous l’égide des États-Unis, le chef de l’État a affirmé se rendre prochainement à Washington afin d’entériner cet engagement déjà rendu public, tout en rassurant que la souveraineté nationale reste non négociable.
« Ne vous laissez pas berner, on ne fera ni brassage ni mixage », a-t-il insisté, coupant court aux rumeurs évoquant une éventuelle fusion ou cohabitation des forces armées des deux pays.
Dans son adresse, Tshisekedi a rappelé que son ambition première avait toujours été de promouvoir une intégration régionale solide, capable de favoriser le commerce, l’interconnexion économique et la stabilité politique. Cependant, selon lui, cet élan a été brisé en 2022 lorsque certains partenaires régionaux, dont le Rwanda, ont « poignardé » la RDC dans le dos. Ce sentiment de trahison demeure encore très vif, et le chef de l’État estime que les conditions minimales n’ont pas été réunies pour restaurer la confiance indispensable à toute coopération régionale.
Le président a souligné que le respect des accords n’a de sens que si chaque partie respecte la souveraineté de l’autre. Pour Kinshasa, aucune avancée ne sera possible tant que les troupes rwandaises n’auront pas quitté le territoire congolais. Le retrait effectif de ces forces constitue, selon lui, le premier indicateur tangible d’un retour à la sincérité dans les relations bilatérales. Tshisekedi a également rappelé qu’il est illusoire de vouloir bâtir un cadre économique régional performant dans un climat de méfiance, d’agression et de menaces permanentes.
» On ne fait pas de commerce régional sans paix ni confiance rétablie » a-t-il martelé, soulignant que la stabilité n’est pas un luxe mais une exigence incontournable pour l’intégration.
En s’adressant à la diaspora, le chef de l’État a cherché à dissiper toute ambiguïté. Son message se veut ferme, clair et destiné à rassurer la RDC n’entrera dans aucun arrangement qui mettrait en péril son intégrité ou qui affaiblirait ses forces armées. Il souhaite également mobiliser les Congolais de l’étranger, souvent attentifs et sensibles aux enjeux de sécurité nationale, en leur rappelant que la défense du territoire n’est pas négociable, même dans le cadre d’accords sous médiation internationale.
Alors que la visite à Washington se profile, la position de Kinshasa apparaît donc rigide mais assumée. Le chef de l’État veut s’assurer que l’accord conclu soit appliqué dans le respect total des intérêts congolais. Il s’agit, selon lui, d’une démarche de paix, mais d’une paix responsable, exigeante et fondée sur des actes, non sur des déclarations. Les jours à venir seront décisifs pour déterminer si les engagements pris suffiront à ouvrir une nouvelle page dans les relations entre la RDC et le Rwanda, ou si les obstacles persistants continueront de freiner toute avancée durable dans la région.
