Kinshasa, 1er décembre 2025- Cinq mois après la signature de l’Accord de Paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, le rapport d’évaluation de novembre 2025 fait état d’un net ralentissement dans la mise en œuvre des engagements pris. Sur les 30 tâches prévues, seules 19 ont connu un début d’exécution, soit un taux global de 23,3 %, insuffisant pour refléter un progrès tangible. Même en incluant les actions partiellement réalisées, la performance globale ne dépasse pas 36,8 %, un recul par rapport aux derniers mois.
La RDC, qui devait remplir 26 tâches, n’en a exécuté partiellement que 16, alors que le Rwanda, chargé de 22 engagements, n’en a partiellement réalisé que 13. La communauté internationale, quant à elle, affiche un taux relativement meilleur, autour de 39 %, mais cela demeure insuffisant pour compenser les retards des deux pays.
Malgré cette stagnation, quelques avancées notables sont relevées, notamment la signature du Cadre d’Intégration Économique Régionale le 8 novembre, et celle d’un accord-cadre entre Kinshasa et l’AFC/M23 le 15 novembre au Qatar. Les mécanismes conjoints JSCM et JOC ont également continué de fonctionner régulièrement.
Cependant, les points cruciaux de l’Accord restent bloqués. Les opérations conjointes de neutralisation des FDLR et la levée des mesures défensives rwandaises, pourtant prévues entre le 1ᵉʳ et le 30 octobre, n’ont pas eu lieu. Les FARDC et l’AFC/M23 continuent de s’affronter malgré les engagements diplomatiques, tandis que la situation humanitaire demeure critique, notamment autour de Goma où l’accès à l’aide reste limité.
Le rapport note enfin que les mécanismes de suivi, censés fournir une analyse opérationnelle précise, manquent de profondeur et de recommandations concrètes. Cette faiblesse contribue à freiner la progression des engagements les plus sensibles.
Ainsi, le rapport de novembre 2025 met en évidence une mise en œuvre fragile et inégale de l’Accord de Washington, marquée par des retards inquiétants, particulièrement dans le domaine sécuritaire, malgré quelques signaux positifs sur le plan diplomatique et institutionnel.
