Goma, 30 avril 2026- Dans l’est de la République démocratique du Congo, la crise sécuritaire ne se limite plus aux affrontements armés : elle s’attaque désormais à la base même de la survie des populations.
Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo, l’élevage et l’agriculture, piliers de l’économie locale, sont gravement menacés.
Pour de nombreuses familles, la perte de bétail ne représente pas seulement un manque à gagner immédiat. Elle entraîne une cascade de conséquences : insécurité alimentaire, chute des revenus, difficultés d’accès à l’éducation souvent financée grâce à la vente de produits agricoles ou du bétail et fragilisation du tissu social.
Un épisode marquant illustre cette réalité : il y a deux ans, dans le territoire de Rutshuru, des hommes armés ont abattu plusieurs vaches en tirant de manière incontrôlée. Cet acte, loin d’être isolé, s’inscrit dans une dynamique plus large où les moyens de subsistance des civils deviennent des cibles.
À long terme, ces pertes répétées risquent d’accentuer la pauvreté dans des zones déjà vulnérables. Elles peuvent également provoquer des déplacements de populations, les familles étant contraintes de fuir pour survivre, et alimenter davantage les tensions locales autour des ressources.
Sur le plan du droit international humanitaire, la situation est préoccupante. Les biens indispensables à la survie des civils y compris le bétail sont censés bénéficier d’une protection stricte.
Leur destruction constitue non seulement une atteinte aux moyens de subsistance, mais aussi une violation des principes fondamentaux censés encadrer les conflits armés.
Ainsi, au-delà de la protection des personnes, c’est toute la base économique des communautés qui devrait être préservée.
Car en s’attaquant à ces ressources vitales, ce sont des vies entières qui basculent dans la précarité, dans un drame silencieux qui se joue loin des regards, mais dont les conséquences sont profondes et durables.
