Kinshasa, 27 avril 2027- Dans l’est de la République démocratique du Congo, de nouveaux témoignages font état d’exactions visant des civils dans une zone sous contrôle rebelle. À Katana Centre, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, plusieurs habitants accusent des éléments du M23, appuyés par des relais locaux, d’avoir procédé à des arrestations massives accompagnées d’extorsions au cours du week-end des 25 et 26 avril.
Selon des sources locales jointes sur place, une première vague d’interpellations a eu lieu samedi, peu après les travaux communautaires hebdomadaires, le « salongo ». Environ quarante personnes auraient été arrêtées pour ne pas être en possession d’un jeton exigé par un chef de centre récemment désigné par la rébellion.
« On nous a arrêtés sans explication valable. On nous reprochait simplement de ne pas avoir ce document », témoigne un habitant ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité.
D’après ces mêmes sources, les civils interpellés ont été détenus dans un cachot improvisé, installé dans une résidence privée actuellement occupée par les rebelles.
Leur libération aurait été conditionnée au paiement d’une somme de 110 000 francs congolais par personne. Plusieurs témoignages font également état de coups de fouet infligés lors de leur détention.
Le lendemain, dimanche, une nouvelle série d’arrestations aurait visé une vingtaine d’autres civils, toujours pour défaut de ce jeton.
« Ils ont continué à arrêter des gens, et certains ont été battus pour les contraindre à payer », affirme une autre source locale. Des cas de mauvais traitements et d’actes assimilés à de la torture sont également rapportés.
Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été obtenue de la part du M23 concernant ces accusations.
Ces incidents s’inscrivent dans un contexte sécuritaire tendu dans l’est du pays, où les populations civiles dénoncent régulièrement des abus dans les zones sous contrôle de groupes armés.
Les organisations de la société civile appellent, de leur côté, à une intervention urgente des autorités congolaises et de la communauté internationale afin de garantir la protection des civils dans cette partie du Sud-Kivu.
