Kinshasa, 27 avril 2026- Face à l’aggravation de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, la MONUSCO hausse le ton et affine sa stratégie. Samedi 25 avril, à Goma, son chef James Swan a tenu une réunion stratégique à huis clos avec le commandement du Mécanisme conjoint élargi de vérification (MCVE) ainsi que des analystes du Joint Intelligence Fusion Center.
Au cœur des échanges : l’accélération de la mise en œuvre du MCVE+, une version renforcée de ce mécanisme destinée à améliorer la surveillance des violations du cessez-le-feu et le suivi des mouvements des groupes armés dans la province du Nord-Kivu. Cette initiative intervient dans un climat marqué par une multiplication des tensions et des affrontements.
La résurgence du Mouvement du 23 mars (M23), les frictions persistantes entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ainsi que les activités des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des Forces démocratiques alliées (ADF) complexifient davantage la donne sécuritaire sur le terrain.
Pour faire face à ces défis, la mission onusienne entend mobiliser davantage ses capacités d’analyse, combinant renseignements humains et technologies avancées, notamment l’imagerie satellitaire. L’objectif est clair : produire des rapports plus fiables et plus précis, dans un contexte où chaque information est scrutée de près aussi bien par Kinshasa que par Kigali.
Selon des sources proches du dossier, cette dynamique pourrait ouvrir la voie à un partage accru du renseignement ainsi qu’à des déploiements conjoints avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et certains partenaires régionaux.
Une approche coordonnée jugée indispensable pour espérer stabiliser les zones sous pression, notamment celles occupées par les rebelles du M23-RDF.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des premières actions de James Swan depuis sa prise de fonctions.
Quelques jours plus tôt, le nouveau représentant spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies avait entamé une tournée dans la région de Beni, où il avait multiplié les consultations avec les autorités locales et la société civile afin d’évaluer la situation sécuritaire et renforcer la protection des civils, particulièrement face aux attaques récurrentes des ADF.
À Goma comme à Beni, le message est désormais clair : la MONUSCO veut adapter ses outils et intensifier son action pour répondre à une crise sécuritaire en constante évolution dans l’Est congolais.
