Kinshasa, 02 décembre 2025- À Mweso, dans la région de Bashali Mokoto, les aurores sont souvent marquées par un départ déchirant. Des multitudes de familles, ayant tout abandonné pour échapper à la violence entre les rebelles de l’AFC-M23 et les combattants Wazalendo, tentent de retrouver un semblant de normalité dans une fragilité accablante. Les salles de classe et les lieux de culte sont devenus des refuges de fortune pour ces personnes déplacées, abandonnées à leur sort, sans un soutien humanitaire à la hauteur de leurs besoins.
Dans ces édifices surchargés, les pupitres d’écoliers se muent en couchettes de fortune, et leurs maigres baluchons font office de rangements. Chaque matin, ces âmes exilées doivent quitter les lieux avec leurs quelques possessions pour laisser la place aux élèves, même lorsque la pluie tombe à verse. Les mères qui allaitent, serrant fort leurs nouveau-nés contre elles pour les protéger du froid mordant, sont parmi les plus affectées par cette promiscuité suffocante et cette constante exposition aux éléments.
Leurs attentes ne sont pas démesurées ; elles aspirent simplement à être reconnues et écoutées. Elles lancent un cri du cœur aux organisations humanitaires pour obtenir un toit digne de ce nom, des conditions de vie plus respectueuses et un véritable accompagnement qui leur permettrait, un jour, de rejoindre la chaleur de leurs foyers. Leur flamme d’espoir luit toujours, mais chaque jour passé loin de chez eux rend ce retour de plus en plus évanescent.
Ces déplacés ont dû abandonner leurs villages situés autour du Jardin Théicole de Ngeri, comme Kashanje, Bweru ou encore Kivuye, dans les territoires de Masisi et de Rutshuru. À Mweso, ils se sont réfugiés en masse dans l’enceinte de l’Institut technique médical, à l’Institut Kizito et dans plusieurs églises qui leur ont ouvert leurs portes. Ces sanctuaires de l’apprentissage ou de la foi sont désormais des espaces de survie poignants où se côtoient l’épuisement, l’angoisse et une solidarité inébranlable.
Nul ne saurait quantifier avec exactitude le nombre de personnes entassées dans ces sites, mais tous s’accordent à estimer à des milliers les âmes en suspens. La saison des pluies, impitoyable, ne fait qu’aggraver les dangers sanitaires, dans un contexte où l’accès à l’eau potable, aux soins élémentaires et à l’hygiène reste désespérément limité. Chaque averse transforme le sol en un bourbier infâme, rappelant à ces familles la précarité déchirante de leur existence.
Dans le territoire de Masisi, de nombreuses écoles continuent, mois après mois, d’accueillir ces âmes en détresse, sans que leurs conditions de vie ne s’améliorent réellement. Les parents, usés par l’épreuve, n’ont qu’un seul désir ardent : le retour de la paix pour pouvoir quitter ces salles surchargées et retrouver enfin la chaleur de leurs foyers. Derrière chaque regard, on devine la même attente, celle d’un lendemain où leurs enfants pourront apprendre sereinement à l’école, sans que la peur et l’exil ne soient leurs compagnons de classe.
Rédaction
Sécurité
Mweso, Déplacés, AFC-M23, Wazalendo
