Kinshasa, 3 decembre 2025- La ville de Lubumbashi a vécu une journée de forte tension ce mercredi 3 décembre 2025, marquée par de violents affrontements entre des groupes de “Shegués”, assimilés aux Kuluna et la police. En pleine journée, ces bandes ont défié les forces de l’ordre, semant la panique dans plusieurs coins de la ville.
Les vidéos largement diffusées montrent des jeunes armés de bâtons et de pierres pourchassant des policiers visiblement dépassés par l’intensité des attaques. Des commerces ont fermé précipitamment, et les habitants se sont résignés à se barricader chez eux.
À cette flambée de violences urbaines s’ajoute une autre réalité tout aussi inquiétante : l’insécurité quotidienne qui mine différents quartiers de Lubumbashi et autres coins du Haut-Katanga.
Les derniers rapports de la société civile révélent que de nombreuses maisons sont cambriolées chaque jour sans intervention rapide ni suivi des autorités. Par ailleurs, des familles victimes des inondations, qui ont perdu leurs biens et parfois leurs habitations, affirment n’avoir jamais vu le moindre représentant de l’État venir constater leur situation ni leur apporter une quelconque assistance.
Cette absence criante d’accompagnement renforce le sentiment d’abandon au sein de la population.
Les tensions tribales qui éclatent sporadiquement dans certains quartiers viennent alourdir un climat déjà très instable. Les soulèvements, altercations communautaires et mouvements de colère témoignent d’une société à bout de patience. Pour beaucoup, ces différents foyers de crise révèlent un profond affaiblissement de l’autorité de l’État dans la province.
Dans ce contexte, de plus en plus de voix accusent le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, de manquer de leadership face à ces urgences sécuritaires et sociales. Certains observateurs affirment qu’il serait davantage préoccupé par la consolidation de son pouvoir et par les manœuvres politiques visant à devenir gouverneur définitif, plutôt que par la résolution des problèmes qui frappent la population au quotidien.
Pour les habitants, le constat est amer , le peuple se sent abandonné, livré à lui-même, tandis que l’absence de l’autorité de l’État se fait de plus en plus sentir. Dans une ville stratégique pour l’économie nationale, cette fragilisation de l’ordre public fait craindre une aggravation de la crise si des mesures fortes et immédiates ne sont pas prises.
