Kinshasa, 05 décembre 2025- Un désaccord notable agite actuellement la Banque centrale du Congo (BCC) et le ministère des Finances. Leur point de discorde ? L’appréciation de l’état des finances publiques à l’approche de fin novembre 2025. Le ministère des Finances a d’ailleurs rapidement réagi, notamment via sa page X, en contredisant fermement un rapport de la BCC concernant la solidité du Franc congolais et l’efficacité de la collecte des impôts.
La BCC avait pourtant exprimé sa satisfaction, annonçant que les rentrées d’argent avaient dépassé les attentes. Cependant, le ministère des Finances a immédiatement rejeté cette interprétation, qualifiant cette lecture d' »analyse erronée et inexact ». Le ton est donné, et la tension palpable.
Le ministère a précisé que la source de son désaccord résidait dans la méthode employée par la Banque centrale. Il lui reproche d’avoir construit son analyse sur des chiffres additionnés, qui incluent même des paiements d’impôts anticipés. Une telle approche, d’après le Ministère, donne une vision déformée et peu fidèle de l’état réel des comptes de l’État.
C’est avec fermeté que le Ministère des Finances a rappelé sa position, soulignant : « Cette analyse est erronée et inexacte, basée sur des recettes cumulées et comprenant même des avances fiscales, alors que la coordination des politiques économiques est plus que nécessaire ». Cette déclaration montre l’importance qu’il accorde à la précision des données.
Le ministère, de son côté, affirme que ses propres chiffres internes, corroborés par les récents bilans du Fonds Monétaire International (FMI), peignent un tout autre tableau, notamment une diminution réelle des entrées d’argent. Il explique cette baisse par le renforcement du franc congolais. Bien que cette force de la monnaie nationale aide à maîtriser le coût des importations, elle réduit inévitablement la valeur, en francs congolais, des taxes perçues à l’origine en dollars américains.
Une clarification officielle est attendue prochainement, le ministère des Finances devant détailler la position du Gouvernement sur l’état réel des finances publiques et les perspectives pour la fin de l’année.
