Kinshasa, 9 décembre 2025- Depuis le 28 novembre 2025, des combattants de l’UDPS ont déclenché une série d’actions au Conseil d’État, pour dénoncer ce qu’ils considèrent des manœuvres destinées à retirer à la succession du Maréchal Mobutu Sese Seko la concession située devant l’Hôtel Karavia à Lubumbashi, au profit d’un ressortissant indien alors qu’un arrêt rendu en 2024 en premier et dernier ressort avait déjà confirmé de manière définitive la propriété du terrain en faveur de la succession Mobutu.
Les combattants affirment que la situation crée de l’incompréhension, estimant que certains acteurs judiciaires chercheraient à remettre en cause une décision définitive. Ils indiquent que près de 80 % des magistrats du Conseil d’État soutiendraient la succession Mobutu et la société BMPP Entreprise, détentrices des documents originaux confirmant leurs droits. Les 20 % restants seraient, selon ces affirmations, sous la pression d’une personnalité influente du pays qui chercherait à annuler l’arrêt de 2024 en saisissant la Cour constitutionnelle pour inconstitutionnalité.
Les avocats de la succession Mobutu et de BMPP Entreprise expliquent qu’une plénière réunissant 23 magistrats avait abouti à un vote de 18 pour la succession contre 5. Ils soutiennent qu’un rapport final avait été dissimulé. Ils ajoutent que le ressortissant étranger concerné avait tenté une négociation avant de se rétracter, avec l’appui supposé d’un acteur influent.
En rappel, la concession avait été attribuée le 13 mars 1989 à Mobutu Sese Seko par un arrêté officiel du Commissaire d’État aux Travaux publics, Urbanisme et Habitat. Les proches du dossier indiquent que les archives d’origine existent toujours, et l’Office des Biens Mal Acquis classe encore ce terrain parmi les biens du feu président. En 2024, le Conseil d’État a confirmé définitivement la propriété du site à la succession Mobutu, et une installation officielle a été effectuée le 3 avril 2024 par des huissiers, conformément aux références d’exécution établies.
Le ressortissant indien affirme disposer de documents délivrés par certains ministres et évoque une inconstitutionnalité de l’arrêt de 2024.
L’opinion publique s’interroge sur la possibilité de compenser un demi-lot par une concession de 12 hectares appartenant à une autre partie. Certaines sources indiquent que l’étranger chercherait à faire annuler la décision de 2024, craignant de perdre son investissement.
Les avocats de la succession Mobutu assurent que le prétendu acquéreur n’a aucun droit sur le terrain et annoncent qu’un projet comprenant une cité moderne, des complexes commerciaux et d’autres infrastructures sera bientôt lancé. Un bureau d’information sera installé à cet effet.
Des appels sont lancés pour le remplacement de la présidente du Conseil d’État et pour que la Cour constitutionnelle n’accepte pas un dossier considéré comme irrégulier. L’opinion demande également que les 23 juges ayant participé à l’arrêt de 2024 soient entendus, et estiment que le ressortissant étranger devrait se tourner vers ceux qui lui auraient vendu un bien qui ne leur appartenait pas, plutôt que de contester une décision judiciaire déjà tranchée.
