Kinshasa, 11 décembre 2025-Le président rwandais Paul Kagame a réagi ce jeudi aux accusations après la prise d’Uvira par les rebelles du M23-AFC dans le Sud-Kivu qui continue de susciter de fortes inquiétudes en République démocratique du Congo et au sein de la communauté internationale.
Intervenant lors de la cérémonie de prestation de serment des nouveaux membres de son Cabinet, Paul Kagame a tenu à clarifier la position de Kigali au sujet des accords de Washington, signés récemment avec Kinshasa sous médiation internationale.
Le chef de l’État rwandais a rejeté les accusations sur le nom respect des engagements pris à Washington. Selon lui, les critiques formulées à l’encontre de son pays ne tiennent pas compte des réalités du terrain avant même la signature de l’accord.
« Avant d’aller signer les accords de Washington, il y avait déjà des affrontements sur le terrain. Même lorsque nous avons quitté le Rwanda pour aller signer les accords de Washington, il y avait déjà des affrontements, ce qui, dans une certaine mesure, violait les engagements antérieurs. Je vois des gens dire qu’il y a eu violation des accords, comme si, avant de signer, tout était en ordre et que les choses ont changé après la signature. Ce n’est pas vrai », a-t-il déclaré, dénonçant une narration qu’il juge déconnectée des faits.
Paul Kagame a également insisté sur la volonté du Rwanda de contribuer à un climat de paix durable dans la région. Il a rappelé que son pays, marqué par les conséquences dramatiques de l’absence de stabilité, demeure conscient du coût humain et social des conflits.
« Nous avons besoin de la paix et je ne pense pas que quelqu’un désire la paix plus que le Rwanda, parce que nous savons ce que l’absence de paix signifie ; nous l’avons vécue et nous comprenons son lourd coût y compris la perte de vies humaines », a-t-il affirmé.
Le président rwandais a enfin souligné que les défis persistants entre la RDC et le Rwanda ne peuvent être réduits à des violations d’accords récents. Selon lui, ces tensions trouvent leur origine dans des enjeux « politiques, historiques et complexes » qui nécessitent des approches globales et durables plutôt que des accusations bilatérales. Sa déclaration appelle ainsi à une analyse plus profonde des causes structurelles du conflit, à un moment où la situation sécuritaire sur le terrain reste particulièrement volatile.
Cette réaction du président rwandais intervient alors que la prise d’Uvira, ville stratégique et carrefour économique du Sud-Kivu, marque une nouvelle escalade dans le conflit qui oppose les forces congolaises au mouvement rebelle M23/AFC soutenu par l’armée Rwandaise. La séquence ravive les interrogations sur l’efficacité des efforts diplomatiques entrepris ces dernières semaines et sur la capacité réelle des parties à respecter les engagements pris.
