Kinshasa, 13 décembre 2025- Une vive confrontation s’est engagée entre la Mairie de Kinshasa et la Coalition de la Gauche congolaise (CGC). Suite au refus des autorités provinciales d’approuver le rassemblement prévu le 15 décembre, le regroupement politique mené par Jean-Marc Kabund a immédiatement fait part de son mécontentement, insistant sur le maintien de son événement.
Les services du gouverneur de Kinshasa ont expliqué leur décision. Bien qu’ils aient bien reçu l’information de la CGC, ils ne peuvent pas donner leur accord pour l’instant. Le principal problème réside dans le chemin proposé pour la marche, car il ne respecte pas un règlement de septembre 2021 qui interdit ce type de rassemblement dans certains secteurs de la ville, jugés sensibles pour la sécurité. Cette restriction légale rend impossible l’approbation du parcours tel quel, mais cela n’équivaut pas à un refus définitif, plutôt à une invitation à modifier l’itinéraire ou à dialoguer.
Peu de temps après, Jean-Marc Kabund, figure de proue de la CGC, a vivement critiqué cette position, la qualifiant de « violation » directe de l’article 26 de la Constitution du pays. Sur son compte X ce samedi, l’opposant a accusé le gouvernement de chercher à bloquer sans justification une manifestation pacifique. Il a également avancé que, dans le même temps, le pouvoir soutiendrait des rassemblements opposés, financés par l’État, et userait de tactiques d’intimidation dans la capitale.
Pour Jean-Marc Kabund, cette décision n’est qu’un exemple de la tournure autoritaire que prendrait le régime. Il reproche aux dirigeants d’étouffer les voix qui s’élèvent, et ce, alors même que les habitants de l’Est du pays sont confrontés à une agression extérieure et se sentent délaissés par l’État. Il a employé des termes forts, parlant de « démocratie confisquée » et de « tyrannie » qui limiterait les libertés de base uniquement pour servir les intérêts des gouvernants.
Malgré le désaccord de la Mairie, l’opposant a réaffirmé que la marche du 15 décembre aura bel et bien lieu. Il a lancé un appel à la population pour qu’elle se mobilise de manière pacifique, refusant catégoriquement toute forme d’intimidation ou de pression pour les faire changer d’avis. À seulement deux jours de l’événement, la situation promet une escalade de tension entre les autorités locales et les organisateurs, dans un environnement politique et sécuritaire déjà très délicat, aussi bien à Kinshasa que dans l’Est du pays.
