Kinshasa, 10 décembre 2025- Ce mercredi, une atmosphère de grande incertitude enveloppe Uvira. Dès 10 heures du matin, des combattants identifiés comme appartenant à l’AFC-M23 ont été vus dans plusieurs secteurs névralgiques de la ville, notamment aux alentours de Kavimvira et près du siège du gouvernorat, avant que leur présence ne soit signalée dans les quartiers nord. Des échanges de tirs intermittents ont retenti à travers la cité, et des affrontements plus soutenus ont éclaté à Mulongwe entre les différentes factions.
Face à cette escalade, la vie quotidienne s’est arrêtée. Au lever du jour, des milliers d’habitants, pris de panique, se sont précipités vers la route menant à Gatumba, au Burundi, entraînant un exode massif. Les écoles sont restées portes closes, les marchés tournent au ralenti, et les tarifs des transports à moto ont grimpé en flèche. Autrefois lieu de ralliement des groupes d’autodéfense wazalendo, Uvira semble désormais dépourvue de ses figures militaires locales emblématiques, telles que Makanaki, Yakutumba ou René Itombwa.
Malgré le chaos, le porte-parole de l’AFC-M23, Lawrence Kanyuka, une figure sanctionnée par les États-Unis, a diffusé un message par l’intermédiaire de nos confrères de Neo Africa, déclarant : « Aujourd’hui, la menace a été écartée et nous confirmons que la ville d’Uvira est désormais libérée. Nous appelons nos compatriotes à reprendre leurs activités en toute sérénité : l’AFC/M23 est présente pour assurer leur protection. »
Pendant ce temps, les efforts diplomatiques se heurtent à des obstacles. Les appels à la paix lancés par les États-Unis et l’Union européenne ont été, semble-t-il, contrecarrés par le Rwanda et ses alliés. L’accord de paix signé à Washington, qui visait à apaiser les tensions, est jugé aujourd’hui sans effet face à la réalité du terrain. Le Burundi accuse par ailleurs ouvertement le Rwanda d’être directement impliqué dans ces violences, une allégation rapidement rejetée par Kigali.
À Kinshasa, le gouvernement multiplie les réunions de crise, et une communication officielle est attendue dans la journée, même si pour l’instant, aucune des parties n’a formellement revendiqué la pleine maîtrise de la ville. Sur la scène internationale, la pression s’intensifie. Le médiateur qatari exhorte les acteurs du conflit à retourner à la table des négociations afin de trouver une issue pacifique.
