Kinshasa, 4 janvier 2026- La progression de la rébellion du M23, appuyée par le Rwanda, se poursuit dans l’est de la RDC. Après la prise d’Uvira, les regards se tournent désormais vers le territoire de Mwenga, où la cité minière de Kamituga et l’aéroport stratégique de Kitutu apparaissent comme les prochaines cibles d’une offensive aux enjeux à la fois militaires et économiques.
Malgré les mises en garde répétées des États-Unis et des Nations unies, la rébellion du M23 poursuit méthodiquement son avancée dans l’est de la République démocratique du Congo. Longtemps accusé d’ambitions territoriales sans les assumer publiquement, le mouvement armé ne dissimule désormais plus ses intentions.
Samedi 3 janvier, le M23/RDF a annoncé son intention de progresser vers le territoire de Mwenga, avec pour objectifs déclarés la cité minière de Kamituga et l’aéroport de Kitutu. Cette infrastructure est considérée comme un maillon essentiel pour l’approvisionnement, la mobilité logistique et le contrôle de cette partie du Sud-Kivu, riche en ressources naturelles.
Le gouverneur rebelle du Sud-Kivu, Patrick Busu Bwangwi, a confirmé que la rébellion assume désormais ouvertement son projet d’expansion territoriale. Selon plusieurs sources sécuritaires, des colonnes de combattants auraient quitté leurs positions au sud d’Uvira pour s’engager vers les zones montagneuses de Mwenga, un axe réputé difficile d’accès mais hautement stratégique, tant sur le plan militaire qu’économique.
À Kamituga, ville aurifère emblématique, l’inquiétude grandit au sein de la population. De nombreux habitants redoutent d’être pris au piège d’affrontements majeurs entre groupes armés et forces loyalistes.
Certains analystes parlent déjà d’une véritable « bataille pour l’or », dans une région où l’exploitation minière constitue un enjeu central du conflit et attise les convoitises.
Cette nouvelle phase de l’avancée du M23 fait craindre une aggravation de la crise sécuritaire et humanitaire au Sud-Kivu. Alors que la communauté internationale multiplie les appels à la désescalade, l’offensive annoncée vers Kamituga et Kitutu pourrait élargir le théâtre des combats et fragiliser davantage une province déjà éprouvée par des décennies d’instabilité.
