Kinshasa, 5 janvier 2026- Une réunion sécuritaire d’envergure régionale est annoncée à Lusaka, en Zambie, du 8 au 10 janvier. Elle réunira les ministres de la Défense et les chefs d’état-major des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, dans un contexte de détérioration continue de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo, marquée par la poursuite des affrontements impliquant le M23.
Les échanges prévus à huis clos ont pour objectif d’évaluer les réponses possibles face à l’aggravation du conflit et à ses répercussions régionales. Kinshasa, s’appuyant sur plusieurs rapports internationaux, continue d’accuser le Rwanda de soutenir le M23, une position fermement rejetée par Kigali. Dans ce climat de tensions diplomatiques persistantes, les participants examineront les options de coordination sécuritaire, y compris des mesures plus robustes pour tenter d’enrayer l’avancée du groupe armé.
Une diplomatie régionale à bout de souffle
Cette initiative intervient après une succession de démarches diplomatiques régionales dont l’impact est resté limité. Affaiblie par des divergences profondes entre ses États membres et par des intérêts nationaux souvent contradictoires, la CIRGL peine à s’imposer comme un cadre efficace de résolution des crises. Les accusations récurrentes visant certains pays de la région, soupçonnés d’entretenir des liens avec des groupes armés, contrastent avec les efforts de médiation menés parallèlement par d’autres États, notamment l’Angola et le Kenya, mettant en lumière les fractures internes du bloc régional.
L’option militaire, un scénario de plus en plus évoqué
Dans ce contexte d’impasse diplomatique, l’hypothèse d’une réponse militaire régionale refait surface. Sans constituer une décision actée, cette option est désormais évoquée comme une alternative possible en cas d’échec des mécanismes de désescalade. Plusieurs analystes estiment que la persistance des violences et la fragilité des accords antérieurs réduisent la crédibilité des solutions exclusivement politiques.
Les attentes autour de la réunion de Lusaka restent toutefois prudentes. Des doutes subsistent quant à la volonté réelle des principaux acteurs, en particulier la RDC et le Rwanda, de s’engager dans un cadre régional véritablement contraignant. Un blocage des discussions pourrait accélérer le basculement vers une réponse sécuritaire plus musclée, au détriment des processus de dialogue déjà fragilisés.
Assurant la présidence tournante de la CIRGL, la Zambie cherche à relancer une organisation en perte d’influence. Si sa posture relativement neutre peut faciliter le dialogue, elle limite aussi sa capacité à exercer une pression décisive sur les parties concernées. En arrière-plan, la question du futur dispositif sécuritaire régional, notamment à l’approche de la fin du mandat de la force de l’EACRF, demeure un enjeu central pour la stabilité durable de la région des Grands Lacs.
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