Monde : « Quand l’ONU a peur des États-Unis. » ( Tribune de Maître Jean Bosco Badibanga )

Kinshasa, 07 janvier 2026- L’ONU a été créée en 1945 dans l’objectif de prévenir les effets des futurs conflits mondiaux après le désastre de la deuxième guerre mondiale, afin d’établir un cadre de coopération internationale dans tous les domaines de la vie publique, encourageant le dialogue et interdisant désormais le recours à la force pour résoudre les différends entre les États.

Pour y arriver, l’ONU a basé son action sur les principes directeurs fondamentaux notamment : la souveraineté, l’égalité souveraine des Etats, la non ingérence, le règlement pacifique des conflits et le respect des droits de l’homme.

Cependant, l’ONU du 20ème siècle (1945 – 1980), très conciliante, suffisamment médiatrice et assez contraignante, semble avoir disparu pour laisser place à l’ONU du 21ème siècle (2001 – 2026), permissive, inégalitaire, complaisante, et visiblement conflictuelle.

La charte de l’ONU, instrument canonique censé réguler le comportement des États, a perdu sensiblement toute sa force. Dès lors, nous assistons à la loi du plus fort, dictée par les grandes puissances impérialistes, prêtes à effacer les États faibles lorsque leurs intérêts sont en jeu.

Voici, ce qui a fragilisé l’ONU et l’a dépossédé de son pouvoir de régulateur impersonnel vis-à-vis de tous les sujets de droit international, entretenant désormais une peur artificielle face à l’avidité et la ruse des super puissances, notamment les États-Unis, la Chine et la Russie.

En effet, une question pertinente ouvre le débat des penseurs :  » Qu’advient-il, ou mieux, qu’est-il advenu lorsque les superpuissances mondiales font peur aux font peur aux Nations-Unies ? Cas des États-Unis d’Amérique.

En voici quelques éléments de réflexion :

  1. La peur que ressent l’ONU fait que les résolutions de son Conseil de Sécurité se transforment en simples lettres d’intention, tandis que les accords signés avec Washington deviennent des règles disciplinaires et contraignantes;
  2. La position de l’ONU face à la prolifération des mouvements terroristes en Afrique et au Moyen-Orient demeure ambiguë. Parfois, sa peur l’a conduite jusqu’à déclarer que les terroristes disposent des armes plus dissuasives et plus performantes que celles de l’ONU;
  3. Le droit à l’égalité souveraine des Etats et le droit à la non ingérence dans les affaires internes d’autres États, tels que garantis dans la Charte de l’ONU, deviennent des slogans creux face à l’arrogance des États-Unis d’Amérique, motivée par la prévalence de ses intérêts partout où ils sont menacés ;
  4. Les États-Unis peuvent se permettre de renverser un régime politique d’un Etat souverain, séquestrant son Chef et menaçant de le juger en vertu du droit américain, une première dans l’histoire du monde, sous un prétexte que seul le Conseil de Sécurité de l’ONU est habilité de juger;
  5. Quand la peur de l’ONU face aux États-Unis se mêle au gêne et à la perfidie, les mandats d’arrêts internationaux que la CPI a décernés contre les alliés des États-Unis d’Amérique, sont simplement classés dans suite, cas Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant, respectivement premier ministre et ministre de la défense israéliens, poussant les États-Unis jusqu’à infliger des sanctions aux deux juges de la CPI au motif qu’ils auraient refusé de lever les poursuites sur les autorités israéliennes précitées;
  6. Quand la peur envahit les Nations-Unies, elles peuvent cautionner les violations flagrantes des règles du droit international public au profit des intérêts américains ;
  7. Bref, lorsque c’est le régime de peur et de complaisance qui préside au sein du système des Nations- Unies, le Conseil de Sécurité de l’ONU peut prendre à l’encontre de la RDC, pendant près de 10 ans (2014- 2024), les mesures d’embargo et de notification sur l’achat d’armes de guerre. Tandis que le même Conseil de Sécurité de l’ONU se montre incapable de faire subir les mêmes mesures au Rwanda, pays agresseur, malgré une panoplie des rapports rendus publics par ses propres experts.
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La peur développée par l’ONU face aux États-Unis, il faut le dévoiler, aurait existé à partir de février 2025 lorsque cette grande puissance, sous l’égide de Donald Trump, a décidé d’interrompre ses contributions financières, en sa qualité de premier contributeur de l’ONU après la Chine, traitant ainsi l’ONU d’une arnaque internationale.

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Il est évident d’admettre qu’au 21ème siècle, les rapports des forces sur la scène politique internationale n’obéissent plus au principe d’égalité souveraine des Etats, mais plutôt à la puissance des plus forts sur les faibles, pratique abusive qui défie lamentablement les causes tragiques et les objectifs sacrés pour lesquels l’ONU a vu le jour après la deuxième guerre mondiale en 1945.

A l’allure où vont les choses, le monde court le risque d’une troisième guerre mondiale imminente motivée par la convoitise des terres et des richesses naturelles des Etats faibles, une véritable épreuve de la survivance des plus puissants et de l’écrasement de plus fragiles.

Nous- est-il permis de faire observer ceci:  » ce que l’ONU tolère en faveur des États-Unis aujourd’hui, elle va être contraint de le tolérer pour la Chine et la Russie. Ainsi, apprêtons-nous à vivre dans un monde où les vulnérables n’auront pas droit de vivre!

Quoi qu’il en soit, que l’humanité sache que ce moment arrivera, où le monde perdra toute sa beauté et son harmonie, car selon la sagesse du Créateur de l’univers, il était bon, au commencement, que les forts cohabitent avec les faibles!

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