Kinshasa, 03 février 2026- La cité de Sake, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), est de nouveau au cœur des préoccupations liées au respect des droits humains dans les zones sous contrôle de la rébellion. Trois notables locaux y sont détenus depuis près de deux mois dans des conditions jugées opaques, sans qu’aucune procédure judiciaire officielle n’ait été engagée à leur encontre.
Les personnes concernées sont Jango Muongo, président de l’ACCO Masisi, Mongera Muluba Muongo, président de la jeunesse de Mubambiro, et Appolo, ancien président de l’ACCO Masisi. Tous sont des figures bien connues de la communauté et résident dans la cité de Sake.
Selon plusieurs sources locales concordantes relayées par le journaliste Daniel Michomnero, ces notables auraient été arrêtés par des éléments de l’AFC/M23 au début du mois de décembre 2025. Leur interpellation serait liée au boycott d’une marche de soutien organisée par ce mouvement armé dans la cité de Sake. Ce refus de participation aurait été perçu comme un acte de défiance à l’égard des autorités de facto en place.
Depuis leur arrestation, aucune communication officielle n’a été faite concernant les charges retenues, la base légale de leur détention, ni même leur lieu exact d’incarcération. Cette absence totale d’informations entretient un climat d’angoisse parmi leurs familles et leurs proches, qui dénoncent une détention arbitraire et une violation flagrante des droits fondamentaux.
Des acteurs locaux de la société civile estiment que cette situation s’inscrit dans une dynamique plus large de répression des voix critiques ou indépendantes dans les zones sous occupation rebelle. Ils craignent que de telles pratiques n’aggravent davantage la méfiance et les tensions au sein des communautés déjà éprouvées par des années d’insécurité.
Alors que les appels se multiplient pour la libération immédiate des trois notables ou, à défaut, l’ouverture d’une procédure judiciaire conforme aux normes en vigueur, le silence des autorités de facto continue de susciter interrogations et inquiétudes. Pour de nombreux habitants de Sake, cette affaire illustre une fois de plus la précarité de l’État de droit dans les zones affectées par le conflit armé à l’est de la République démocratique du Congo.
