Kinshasa, 9 février 2026- L’opposant politique Parole Kamizelo, membre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), a saisi ce lundi le Tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema d’une requête formelle sollicitant le déport de l’ensemble des juges appelés à statuer sur son dossier judiciaire. Il invoque de graves manquements aux principes d’impartialité et d’indépendance de la justice.
Dans sa correspondance adressée à la juridiction, Parole Kamizelo dénonce une série d’irrégularités qu’il estime incompatibles avec un procès équitable. Il pointe notamment la présence, parmi les officiers du ministère public, de membres du Conseil national de cybersécurité (CNC), qu’il accuse de l’avoir torturé durant sa détention.
Selon lui, cette situation crée un conflit manifeste et compromet l’objectivité de la procédure.
L’opposant fustige également la tolérance de la chambre à l’égard de procès-verbaux qu’il affirme avoir été obtenus sous la contrainte, ainsi qu’un manque de maîtrise des débats par les juges. Il déplore en outre la présence persistante de représentants du CNC lors des audiences, qu’il assimile à une pression directe et à une forme d’intimidation exercée sur le tribunal.
Surnommé « Maîtrisable » par ses partisans et une partie de l’opinion publique en référence à son concept devenu viral selon lequel « tout est maîtrisable » Parole Kamizelo est poursuivi pour outrage au chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Des accusations qu’il rejette catégoriquement. Il soutient notamment que la vidéo diffusée dans laquelle il présente des excuses au président de la République aurait été enregistrée sous la contrainte, lors de sa détention.
Face à ce qu’il considère comme un déni de justice, Parole Kamizelo avertit que si les juges concernés ne se déportent pas volontairement, il engagera une procédure formelle de récusation, conformément aux dispositions légales en vigueur.
