Kinshasa, 11 février 2026- La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la Rwandaise Louise Mushikiwabo, s’est exprimée sur son absence remarquée à Kinshasa, pourtant considérée comme la plus grande capitale francophone du monde.
Interrogée sur le fait qu’elle ne se rend plus dans la capitale congolaise, la dirigeante de l’OIF a répondu sans détour : « Parce que Kinshasa ne m’invite pas. Si les Congolais m’invitent, je m’y rendrai. » Une déclaration qui intervient dans un contexte où les relations entre certains États membres peuvent parfois influencer les dynamiques au sein des organisations multilatérales.
La RDC, un pilier de la Francophonie selon Mushikiwabo
Louise Mushikiwabo a tenu à rappeler l’importance stratégique de la République démocratique du Congo au sein de l’espace francophone. Elle souligne que la RDC figure parmi les principaux bénéficiaires des programmes mis en œuvre par l’OIF.
« Je sais à quel point la RDC est un pays d’une grande importance pour notre organisation », a-t-elle affirmé, citant notamment les financements alloués à des projets liés à l’éducation, la culture, la paix et la promotion de l’égalité des genres.
Des actions concrètes sur le terrai
La Secrétaire générale a également évoqué l’appui apporté à des structures congolaises, notamment la Fondation Panzi du prix Nobel de la paix Denis Mukwege.
Selon elle, cette fondation a été subventionnée dès 2020 dans le cadre du programme « La Francophonie avec Elles », destiné à soutenir les femmes en situation de vulnérabilité dans plusieurs pays francophones.
« Je traite donc la RDC comme un pays membre important qui doit avoir toute sa place dans l’organisation », a insisté Louise Mushikiwabo.
Un appel à ne pas politiser le multilatéral
Enfin, Louise Mushikiwabo a mis en garde contre l’instrumentalisation des instances multilatérales pour régler des différends bilatéraux.
« Si les pays règlent leurs problèmes bilatéraux au niveau du multilatéral, on ne va pas s’en sortir », a-t-elle déclaré, plaidant pour une coopération basée sur l’intérêt collectif plutôt que sur des tensions diplomatiques.
Une absence qui interroge
Cette sortie médiatique relance les interrogations sur la place de Kinshasa dans les grandes rencontres francophones et sur les rapports entre l’OIF et les autorités congolaises. Elle met aussi en lumière les enjeux diplomatiques autour de la gouvernance de la Francophonie, dans un espace où la RDC occupe un poids démographique et culturel majeur.
