Kinshasa, 3 avril 2026- Le président rwandais Paul Kagame a réaffirmé la position ferme de Kigali concernant la présence de ses forces dans l’est de la République démocratique du Congo, insistant sur le maintien de ce qu’il qualifie de « mesures défensives ».
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par des pressions diplomatiques et des mouvements de retrait observés récemment à la frontière congolo-rwandaise.
Dans sa prise de parole, le chef de l’État rwandais a clairement rejeté toute idée de retrait total sans garanties sécuritaires.
« Nous refusons de lever les mesures défensives, qu’il s’agisse des troupes ou de tout autre dispositif. Selon votre logique, pourquoi, alors qu’il existe une menace contre moi, me demandez-vous de lever ces mesures sans traiter cette menace ? Quelle est la logique ? », a-t-il déclaré, mettant en avant la nécessité de préserver la sécurité du Rwanda.
Ces propos interviennent alors que plusieurs sources locales ont signalé des mouvements de retrait des Forces de défense rwandaises (RDF) dans certaines zones densément peuplées du Nord-Kivu, notamment à la frontière avec la RDC. Cette situation donne l’impression d’une dynamique contradictoire entre les déclarations officielles de Kigali et les évolutions observées sur le terrain.
Pour Kigali relayé par Jeune Afrique, la présence militaire reste avant tout une réponse à la menace sécuritaire persistante à sa frontière, notamment liée aux groupes armés opérant dans l’est de la RDC. Cette position s’inscrit dans la ligne défendue depuis plusieurs mois par les autorités rwandaises, qui conditionnent toute levée des dispositifs militaires à la neutralisation des menaces qu’elles estiment peser sur leur territoire.
Du côté de la République démocratique du Congo, cette posture est perçue comme une justification de la présence militaire rwandaise sur son sol, alors que Kinshasa continue d’exiger un retrait total et le respect de sa souveraineté territoriale. Les tensions diplomatiques entre les deux pays restent donc vives, malgré les efforts régionaux et internationaux visant à apaiser la situation.
Le retrait partiel observé sur le terrain pourrait ainsi s’inscrire dans une logique de négociation progressive plutôt qu’un désengagement complet.
L’évolution de la situation dépendra désormais des discussions diplomatiques en cours et de la mise en œuvre effective des engagements pris dans les différents accords de paix, dans une région où la stabilité reste fragile et fortement tributaire des décisions politiques et militaires des deux pays.
