Kinshasa, 2 avril 2026- Une vive tension a été enregistrée au Centre d’Encadrement et d’Instruction Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo de Kaniama Kasese, où des jeunes bâtisseurs du Service national se sont soulevés pour réclamer le paiement de leurs primes, dénonçant plusieurs mois de travail sans rémunération après leur formation professionnelle.
Selon des informations en notre possession et confirmées par un communiqué du Service national, l’incident remonte au 31 mars 2026, dans un contexte de tension entre les jeunes en formation et l’encadrement du centre. Dans une vidéo vitale publiée sur les réseaux sociaux, les bâtisseurs affirment qu’ils ne sont jamais payés depuis qu’ils ont commencé à travailler après avoir appris différents métiers, notamment dans l’agriculture, la construction et d’autres activités productives.
Ce mouvement de colère s’est transformé en soulèvement, marqué par des actes de vandalisme au sein du centre. Des vitres ont été cassées, des pneus et des matelas brûlés, tandis que certains jeunes ont exprimé leur ras-le-bol face à leurs conditions de vie et à l’absence de primes promises.
Face à la tension, un militaire aurait fait usage de son arme à feu lors des tentatives de rétablissement de l’ordre, causant plusieurs blessés parmi les bâtisseurs, dont certains grièvement. Une enquête a été ouverte par l’auditorat militaire afin d’établir les responsabilités et les circonstances exactes de cet incident.
Dans son communiqué, le Service national affirme que le militaire impliqué a été interpellé et mis à la disposition de la justice militaire, tout en annonçant des mesures pour renforcer l’encadrement et éviter que de tels incidents ne se reproduisent.
Ce soulèvement met en lumière les frustrations grandissantes au sein des jeunes bâtisseurs de Kaniama Kasese, qui continuent de réclamer leurs primes et de meilleures conditions après leur formation, soulevant ainsi des questions sur la gestion et le suivi du programme de réinsertion du Service national.
Ces jeunes, pour la plupart d’anciens Kuluna ou des jeunes autrefois impliqués dans des actes de banditisme urbain, ont été envoyés au Service national dans le cadre d’un programme de rééducation et de formation professionnelle visant leur réinsertion sociale et économique. Ce programme est placé sous la direction du Commandant du Service national, le Lieutenant-Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik dont la gestion est critiquée par les bâtisseurs suite au non-paiement des primes.
