Kinshasa, 13 avril 2026- Le président du Forum National de la Jeunesse (FNJ), Patrick Katengo Mafo, signe une tribune dans laquelle il met en lumière le rôle déterminant que jouent les anciens chefs d’État à travers le monde dans la consolidation de la paix, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une orientation préoccupante de Joseph Kabila dans le contexte actuel de crise sécuritaire à l’Est du pays.
Dans cette analyse, il rappelle que, dans plusieurs régions du monde, les anciens dirigeants ne sont pas relégués au second plan, mais sont plutôt sollicités comme des acteurs clés de la diplomatie informelle et des processus de paix. Il évoque le cas de Nelson Mandela qui a poursuivi son engagement après son mandat en contribuant activement aux négociations de paix au Burundi.
Il indique également que de son côté, Alpha Oumar Konaré a dirigé la Commission de l’Union africaine et participé à la gestion de crises majeures sur le continent. De même que Ketumile Masire a joué un rôle central dans le Dialogue inter-congolais, tandis que Thabo Mbeki s’est imposé comme un médiateur influent dans plusieurs conflits africains.
D’autres figures comme Joaquim Chissano, Olusegun Obasanjo et Goodluck Jonathan ont également été appelées à intervenir dans des missions de médiation. Plus récemment, Uhuru Kenyatta s’implique dans le processus de paix à l’Est de la RDC, aux côtés de Catherine Samba-Panza et Sahle-Work Zewde. Jakaya Kikwete ainsi que Jimmy Carter incarnent également cette tradition d’engagement post-présidentiel.
Pour Patrick Katengo, ce modèle, connu sous le nom de « Track II Diplomacy », repose sur la crédibilité, l’expérience et la neutralité perçue des anciens dirigeants, leur permettant d’agir efficacement dans des contextes sensibles.
Cependant, Patrick Katengo Mafo estime que cette dynamique positive contraste fortement avec la situation en RDC. Il critique ce qu’il considère comme une posture inappropriée de Joseph Kabila, qu’il accuse de s’éloigner du rôle attendu d’un ancien chef d’État.
« À l’échelle internationale, les anciens présidents sont appelés à promouvoir la paix et la stabilité. Mais dans en RDC, Kabila semble privilégier des logiques contraires, motivées par des intérêts personnels en se tenant en tête de la rébellion AFC-M23″ A-t-il regreter.
Dans une mise en garde claire, il ajoute : « vu que Joseph Kabila s’est lancé dans une dynamique liée à la rébellion, il devra en assumer les conséquences. Un tel choix ne peut rester sans impact, et l’histoire en tirera les conclusions. »
À travers cette tribune, Patrick Katengo Mafo invite à une réflexion nationale sur la responsabilité des anciens dirigeants, soulignant que leur véritable héritage se construit dans leur capacité à contribuer à la paix, même après avoir quitté le pouvoir.
Mais Patrick Katengo Mafo regrette l’attitude de Joseph Kabila malgré la bonne foi de l’actuel président Félix Tshisekedi qui lui avait tendu la main dans une logique de cohésion et de stabilité nationale, mais que ce dernier aurait choisi de s’inscrire dans une dynamique opposée.
