Kinshasa, 9 juin 2026
L’opposant congolais Moïse Katumbi hausse le ton face aux discussions autour d’une éventuelle révision de la Constitution.
Dans une interview accordée à la Deutsche Welle, le président du parti Ensemble pour la République a affirmé que le chef de l’État Félix Tshisekedi devra quitter le pouvoir à l’issue de son mandat en 2028, rejetant toute perspective d’un troisième mandat.
Pour Moïse Katumbi, la Constitution ne doit pas être modifiée pour répondre aux ambitions politiques d’un individu.
« La Constitution n’est pas une chemise que l’on change », a-t-il déclaré, dénonçant ce qu’il considère comme des manœuvres destinées à permettre au président en exercice de se maintenir au pouvoir au-delà des limites prévues par la loi fondamentale.
L’ancien gouverneur du Katanga a invité Félix Tshisekedi à « revenir à la raison » et à respecter l’ordre constitutionnel.
Selon lui, le président devrait plutôt préparer son départ du pouvoir et rejoindre les institutions de la République conformément aux dispositions légales applicables aux anciens chefs d’État.
Évoquant les tensions politiques de 2015 sous le régime de Joseph Kabila, Moïse Katumbi a rappelé les mobilisations populaires qui avaient accompagné les débats sur la modification de la Constitution.
Il estime que la population congolaise demeure vigilante et prête à s’opposer à toute tentative visant à prolonger un mandat présidentiel en dehors du cadre constitutionnel.
« On n’a pas besoin d’un homme fort, mais plutôt d’institutions fortes », a-t-il insisté, affirmant que la stabilité du pays repose sur le respect des règles démocratiques et de l’alternance au sommet de l’État.
