Kinshasa, 14 juin 2026-Les Forces vives de la Nation ont vivement réagi à la récente sortie médiatique de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, prononcée le 11 juin dernier. Dans une déclaration signée par leur coordonnateur national, Simon Mukenge Cicéron, cette organisation citoyenne estime que l’ancien chef de l’État ne dispose pas de la légitimité nécessaire pour se présenter comme défenseur de la Constitution et de la démocratie.
Selon les Forces vives de la Nation, Joseph Kabila est « la dernière personne » à pouvoir revendiquer un rôle de gardien de la Constitution. Elles rappellent qu’en 2011, sous son mandat, la loi fondamentale avait été modifiée afin de supprimer le second tour de l’élection présidentielle, une réforme qui avait suscité de nombreuses critiques au sein de la classe politique et de la société civile.
L’organisation considère également que le bilan des dix-huit années de pouvoir de l’ancien président ne lui permet pas de se prévaloir d’un discours en faveur des libertés démocratiques. Elle cite notamment les décès de Rossy Mukendi, Thérèse Kapangala et Luc Nkulula, ainsi que les victimes des manifestations des 15 janvier 2015 et 16 septembre 2016, présentées comme des symboles de la lutte pour les libertés publiques en RDC.
Les Forces vives de la Nation rejettent par ailleurs les critiques formulées par Joseph Kabila contre le tribalisme. Elles soutiennent que plusieurs postes stratégiques de l’appareil d’État, notamment dans les secteurs de la sécurité, de la justice, des finances publiques et de la défense, étaient confiés à des personnalités originaires de son espace politique durant son mandat.
Concernant les mises en garde de l’ancien président sur une éventuelle « soudanisation » du pays, l’organisation estime que les fragilités actuelles de l’État congolais trouvent aussi leurs origines dans la gouvernance des années Kabila. Elle évoque notamment l’affaiblissement progressif des institutions, la déstructuration de l’outil de défense nationale et certaines orientations politiques qui auraient contribué à fragiliser la République.
Tout en rejetant les risques de chaos ou de balkanisation du pays, les Forces vives de la Nation appellent à un débat national fondé sur la cohérence, la mémoire collective et l’intérêt supérieur de la Nation. Elles considèrent que la question d’une éventuelle révision constitutionnelle mérite un débat serein et responsable, loin des calculs politiques et de l’instrumentalisation de la peur.
« On ne peut pas invoquer aujourd’hui la sacralité de la Constitution après avoir participé à sa modification pour des intérêts politiques », soutiennent-elles, estimant également qu’il est difficile de se présenter comme défenseur de la démocratie après avoir dirigé le pays dans un contexte marqué par des restrictions des libertés publiques.
Les Forces vives de la Nation concluent en affirmant que l’avenir de la République démocratique du Congo doit se construire sur la vérité historique, la responsabilité politique et la recherche de solutions durables aux défis auxquels le pays est confronté.
