Kinshasa, 15 juin 2026 – La Coalition de 64 organisations et personnalités de la société civile (C64) a appelé le Sénat à faire preuve de vigilance face à toute tentative de révision constitutionnelle qu’elle estime contraire aux limites fixées par la Constitution de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi, la plateforme a rappelé à la Chambre haute sa responsabilité particulière dans la préservation de l’État de droit, l’invitant à jouer pleinement son rôle de « chambre de sagesse » face aux débats en cours autour de la réforme du cadre juridique du référendum.
Selon la C64, les sénateurs doivent s’opposer à toute initiative susceptible de porter atteinte à l’ordre constitutionnel, aux libertés fondamentales des citoyens ainsi qu’à la stabilité du pays.
« L’histoire retiendra la responsabilité des institutions et de leurs membres dans la préservation ou la remise en cause de l’ordre constitutionnel », souligne la plateforme dans sa déclaration.
Cette prise de position intervient alors que la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum poursuit son parcours législatif au Parlement.
Après son adoption par l’Assemblée nationale à une large majorité, le texte a été examiné par la Commission politique, administrative et juridique (PAJ) du Sénat qui a adopté, dimanche, son rapport à l’unanimité avant sa présentation en séance plénière.
Depuis plusieurs semaines, l’examen de cette proposition de loi alimente des débats au sein de la classe politique et de la société civile. Certains acteurs y voient un simple encadrement juridique d’un mécanisme prévu par la Constitution, tandis que d’autres redoutent qu’il puisse ouvrir la voie à des initiatives visant à modifier certaines dispositions constitutionnelles jugées intangibles.
La Constitution congolaise fixe en effet des limites à toute révision constitutionnelle, notamment en ce qui concerne la forme républicaine de l’État, le principe du suffrage universel, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ainsi que l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Dans ce contexte, la C64 appelle les institutions de la République à privilégier le respect strict de la Constitution et à préserver les acquis démocratiques du pays.
