Minembwe, 23 juin 2026- De nouvelles accusations de violations du cessez-le-feu émergent dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu. Des acteurs de la société civile, des sources militaires présentes sur les lignes de front ainsi que des sources médicales dénoncent plusieurs incidents attribués à la coalition RDF/M23/Twirwaneho et RED-Tabara, malgré les efforts diplomatiques en cours pour rétablir la paix dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon plusieurs sources concordantes, un incident particulièrement préoccupant a été signalé le 21 juin dernier dans la localité de Kakenge, située dans le territoire de Fizi. Des examinateurs et organisateurs de l’Examen d’État, qui se rendaient à Minembwe pour préparer le déroulement des épreuves nationales, auraient été pris pour cible alors qu’ils effectuaient leur mission.
Les témoins affirment que l’attaque aurait été menée à l’aide de drones présentés par les sources locales comme appartenant à l’armée rwandaise. Au cours de cet incident, un agent chargé d’assurer la sécurité du processus des examens aurait été grièvement blessé.
Pour plusieurs organisations de la société civile des hauts plateaux, cette attaque constitue une nouvelle preuve de l’insécurité persistante qui continue d’affecter les populations civiles malgré les différents engagements pris dans le cadre des initiatives régionales et internationales de cessation des hostilités.
« S’attaquer à des organisateurs d’examens et compromettre l’accès à l’éducation revient à hypothéquer l’avenir de toute une génération », a déclaré sous anonymat un acteur de la société civile de la région, invoquant des raisons de sécurité.
Des sources médicales confirment la prise en charge d’une personne blessée lors de cet incident. Elles alertent également sur l’aggravation de la situation humanitaire dans les hauts plateaux, où plusieurs communautés vivent dans la crainte permanente d’attaques armées et de nouveaux déplacements forcés.
Les mêmes sources dénoncent aussi l’utilisation de drones armés dans des zones habitées. Selon elles, cette pratique expose directement les populations civiles à des risques élevés de bombardements et soulève des préoccupations quant au respect du droit international humanitaire.
Plusieurs acteurs locaux affirment que des civils ont déjà perdu la vie ou subi des préjudices lors d’opérations similaires menées dans différentes localités de la région.
Par ailleurs, des représentants de la société civile accusent les groupes armés alliés à la rébellion du M23 de maintenir certaines communautés dans une situation de vulnérabilité permanente, les exposant aux affrontements et aux opérations militaires.
Face à cette situation, les organisations locales appellent les Nations unies, l’Union africaine ainsi que les partenaires régionaux et internationaux à diligenter des enquêtes indépendantes afin d’établir les responsabilités concernant les attaques signalées contre des civils et des infrastructures éducatives.
Elles demandent également que toute violation du cessez-le-feu soit documentée et fasse l’objet d’un suivi conformément aux dispositions du droit international.
Alors que les finalistes de la région poursuivent leur parcours scolaire dans un contexte sécuritaire difficile, plusieurs observateurs estiment que la protection des civils, des établissements scolaires et du personnel éducatif demeure une priorité essentielle pour toutes les parties impliquées dans le conflit.
Il convient de noter que les appels à la désescalade se multiplient au moment où les initiatives diplomatiques régionales cherchent toujours à consolider un cessez-le-feu durable dans l’est de la RDC.
