Kinshasa, 24 juin 2026 – Le débat autour de la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo continue de susciter des prises de position divergentes au sein des confessions religieuses.
Alors que la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exprimé ses réserves sur l’opportunité de modifier la Constitution du 18 février 2006, les leaders du mouvement du Réveil ont, quant à eux, apporté leur soutien au projet de changement constitutionnel.
Dans une déclaration signée ce mercredi à Kinshasa, les responsables des Églises de Réveil, conduits par l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia, estiment que la révision de la Loi fondamentale est à la fois « opportune, urgente et nécessaire » pour l’avenir du pays.
Selon eux, la Constitution actuelle a montré ses limites face aux nombreux défis auxquels la RDC est confrontée depuis plusieurs années, notamment les crises sécuritaires récurrentes dans l’Est du pays. Les signataires considèrent que le cadre institutionnel issu de la Constitution de 2006 n’a pas permis de garantir durablement la stabilité politique ni de répondre efficacement aux enjeux de développement.
« La Constitution actuelle freine le plein développement économique du pays et a démontré ses limites dans la gestion des crises sécuritaires répétitives », soulignent-ils dans leur déclaration.
Pour les leaders du Réveil, une réforme en profondeur du texte constitutionnel offrirait l’occasion de rebâtir des institutions plus solides, mieux adaptées aux réalités contemporaines du pays. Ils estiment qu’un changement complet permettrait également de prévenir les crises politiques récurrentes qui ont marqué l’histoire récente de la RDC.
Les responsables religieux encouragent ainsi le président Félix Tshisekedi à poursuivre le processus engagé en promulguant la future loi référendaire. Ils appellent également la population congolaise à s’approprier le débat et à participer activement aux différentes étapes du processus, qu’ils présentent comme un exercice démocratique majeur.
Cette prise de position intervient dans un contexte de vives discussions sur l’avenir de la Constitution de 2006. Alors que plusieurs acteurs politiques et sociaux soutiennent l’idée d’une réforme institutionnelle, d’autres, dont la CENCO, mettent en garde contre les risques de tensions politiques et appellent à concentrer les efforts sur les défis sécuritaires et socio-économiques du pays.
Le soutien affiché par les Églises de Réveil vient ainsi renforcer le camp des partisans du changement constitutionnel et illustre les profondes divergences qui traversent actuellement la société congolaise sur cette question.
