Lubumbashi, 13 juillet 2026- Alors que les initiatives de médiation se multiplient autour de la crise politique en République démocratique du Congo, la Coalition de l’Article 5 (C5) appelle à revoir l’approche adoptée par les différents facilitateurs.
La plateforme citoyenne demande au président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, d’accorder une place plus importante à la population congolaise dans les consultations annoncées ou en cours.
Dans un entretien avec la presse, le dimanche 12 juillet à Lubumbashi, le coordonnateur national de la C5, Maître Caleb Banza Mwembo, a estimé que les démarches de sortie de crise ne peuvent aboutir durablement si elles restent concentrées autour des seuls acteurs politiques, religieux et certaines organisations de la société civile.
La coalition affirme avoir adressé une correspondance au chef de l’État burundais afin d’attirer l’attention de l’Union africaine sur la nécessité d’un processus qui associe également les citoyens qui, selon elle, restent éloignés des espaces de décision.
Réceptionnée le 9 juillet à l’ambassade du Burundi à Kinshasa après avoir été rédigée le 6 juillet, cette correspondance constitue, selon la C5, une démarche d’alerte visant à encourager une médiation davantage inclusive.
« Nous constatons que les consultations risquent de se limiter encore aux mêmes acteurs. Pourtant, il existe une majorité silencieuse qui doit aussi être entendue », a déclaré Maître Caleb Banza.

Pour la Coalition de l’Article 5, la résolution de la crise congolaise ne peut être durable sans une implication directe du peuple, considéré comme le détenteur de la souveraineté nationale conformément à l’article 5 de la Constitution.
La plateforme précise toutefois qu’elle ne se positionne ni comme un soutien au pouvoir en place ni comme un relais de l’opposition. Elle affirme défendre uniquement le principe de participation citoyenne dans les grandes orientations du pays.
« Aucun individu, aucune institution ou aucun groupe particulier ne peut prétendre porter seul la voix de tout un peuple », a insisté le coordonnateur national de la C5.
La coalition plaide également pour un débat national approfondi sur les questions institutionnelles et estime que toute réforme majeure devrait être précédée d’une phase d’information et de sensibilisation permettant aux Congolais de se prononcer en connaissance de cause.
Elle appelle par ailleurs les dirigeants à placer au centre des discussions les préoccupations sociales de la population, notamment l’emploi, la sécurité et le développement.
La C5 insiste enfin sur la nécessité d’une implication accrue de la jeunesse congolaise dans les réflexions sur l’avenir du pays, estimant que cette catégorie représente une force essentielle dans la construction des solutions nationales.
Lancée en juin dernier à Lubumbashi, la Coalition de l’Article 5 regroupe des mouvements de jeunes issus de la société civile et de différentes sensibilités politiques. Elle dit œuvrer pour la promotion de la souveraineté populaire et pour une participation plus large des citoyens dans la vie publique.
