Kinshasa, 3 août 2026-Les consultations politiques conduites à Lubumbashi par Raphaël Katebe Katoto, émissaire du président Félix Tshisekedi, continuent de susciter des réactions.
L’opposant Claudel Lubaya a affirmé que ces échanges ont fait ressortir un profond sentiment de frustration au sein de plusieurs composantes de la population du Grand Katanga, notamment sur la gestion des richesses minières et la place de la région dans la gouvernance nationale.
Dans une déclaration rendue publique, Claudel Lubaya indique qu’un message est revenu de manière récurrente au cours des consultations : le Katanga se sentirait « abandonné, exploité et dépouillé », alors même qu’il demeure l’un des principaux moteurs économiques de la République démocratique du Congo grâce à ses importantes ressources en cuivre, cobalt, lithium et autres minerais stratégiques.
Selon lui, plusieurs participants ont estimé que les revenus issus de l’exploitation minière profiteraient davantage à un cercle restreint proche du pouvoir central qu’aux populations locales, lesquelles continueraient à vivre dans un contexte marqué par la pauvreté et le déficit d’infrastructures.
L’opposant rapporte également que certains groupes consultés ont évoqué ce qu’ils qualifient de « colonisation » du Katanga par la famille présidentielle et son entourage.
D’après Claudel Lubaya, cette expression traduit le sentiment d’une partie de la population qui estime être progressivement privée des retombées de ses richesses naturelles, de son influence politique et de son avenir.
« Ces frustrations exprimées par les populations katangaises ne sauraient être minimisées ni balayées d’un revers de la main. Elles ne procèdent ni de la haine, ni de la méchanceté, ni de la jalousie. Elles sont, avant tout, l’expression d’un sentiment de marginalisation et d’un désenchantement grandissant face à une situation que beaucoup jugent injuste », a-t-il déclaré.
Pour Claudel Lubaya, au-delà de la véracité de chacune des perceptions exprimées, ces consultations révèlent un état d’esprit collectif qui mérite d’être entendu et pris en considération par les autorités.
Ces déclarations interviennent alors que Raphaël Katebe Katoto poursuit, au nom du président Félix Tshisekedi, une série de consultations auprès des forces vives du Grand Katanga.
À l’issue de cette mission, il est chargé de remettre au chef de l’État un rapport reprenant les principales préoccupations et recommandations formulées par les participants.
