Kinshasa, 21 août 2026- Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, l’opposant congolais Martin Fayulu a réaffirmé sa position en faveur d’un dialogue national inclusif, tout en durcissant son discours à l’égard du président Félix Tshisekedi. Le leader de Lamuka estime que la situation actuelle du pays exige des réponses politiques fortes et appelle à l’ouverture rapide de discussions entre les différentes forces vives de la nation.
Abordant la question de la réintégration des acteurs impliqués dans les rébellions armées, Martin Fayulu a déclaré qu’un rebelle pouvait rejoindre le « camp de la patrie » à condition de renoncer définitivement à la violence.
Selon lui, toute personne qui dépose les armes et manifeste sa volonté de servir la nation doit pouvoir participer à l’effort de reconstruction et d’unité nationale.
« S’il s’amende, s’il dit que non, j’ai été égaré… aujourd’hui je reviens avec de bons sentiments pour mon pays […] je ne suis plus rebelle », a-t-il affirmé, soulignant que le dialogue qu’il appelle de ses vœux doit rassembler tous les Congolais sans exclusion.
Sur le plan politique, Martin Fayulu s’est montré particulièrement critique envers les projets de révision constitutionnelle attribués au chef de l’État. Estimant que Félix Tshisekedi a déjà enfreint la Constitution, il considère que la sanction politique ultime devrait être sa démission.
« Il a violé la Constitution. Quelle est la sanction ultime, si ce n’est sa démission ? », a-t-il déclaré.
L’opposant a également appelé à l’organisation d’un dialogue direct dès le 1er septembre prochain. Il précise toutefois que sa démarche ne vise pas l’obtention de postes ou d’avantages politiques, mais plutôt la recherche de solutions durables aux crises qui secouent la République démocratique du Congo.
« Il faut qu’il y ait le dialogue. Je demande à M. Tshisekedi de ne pas tergiverser. Ce que je souhaite, ce n’est pas des postes. Ce que je souhaite, c’est que mon pays sorte de la zone du trou où on l’a mis », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Martin Fayulu a confirmé le maintien du sit-in annoncé par la coalition C64 pour le 15 septembre prochain. Selon lui, cette mobilisation répond à une aspiration populaire en faveur de la démocratie et du respect des principes constitutionnels.
« Ce n’est pas nous, c’est le peuple congolais qui a soif de démocratie », a-t-il conclu.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique marqué par les débats autour du dialogue national, de la réforme constitutionnelle et des tensions persistantes entre le pouvoir et l’opposition.
