Kinshasa, 25 août 2026- Le ministère de la Justice annonce l’ouverture de poursuites contre les personnes présumées impliquées dans plus de 62 dossiers de spoliation des biens fonciers et immobiliers de l’État et des particuliers dans la ville de Kinshasa.
Dans un communiqué publié ce mardi, le cabinet du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux indique que cette nouvelle instruction fait suite à l’évolution des enquêtes et à l’apparition de nouveaux éléments dans plusieurs dossiers.
Le ministre de la Justice a, en date du 19 août 2026, donné une nouvelle injonction au procureur général près la Cour de cassation afin que des poursuites soient engagées contre les personnes présumées auteurs, co-auteurs et complices de ces faits de spoliation.
Selon le ministère, cette démarche constitue une nouvelle étape dans la lutte contre le phénomène dit « Folioman », présenté comme un important réseau de falsification des titres et documents administratifs, ainsi que de spoliation et de vente frauduleuse des biens fonciers et immobiliers à Kinshasa.
Le réseau serait dirigé par une personne identifiée comme Kipasa Kitakya. Il impliquerait notamment plusieurs avocats, huissiers, greffiers, cadres des Affaires foncières, du Cadastre ainsi que d’autres complices.
Le ministère affirme que ce réseau opère dans la spoliation systématique des parcelles appartenant à l’État et des biens de paisibles citoyens, dont certains découvriraient que leurs maisons ont déjà été vendues ou spoliées à leur insu.
Les 62 dossiers ont été transmis au parquet afin qu’ils soient traités avec célérité et que, le cas échéant, les présumés auteurs soient déférés devant leur juge naturel pour répondre de leurs actes conformément à la loi.
Le ministère précise toutefois que ces 62 dossiers ne constituent qu’un premier lot. Les investigations se poursuivent et devraient permettre de mettre au jour un réseau présenté comme plus vaste et davantage enraciné à travers le pays.
Pour renforcer la lutte contre la spoliation immobilière et foncière, le gouvernement a également mis en place un cadre permanent de concertation entre les ministères de la Justice, de l’Urbanisme et Habitat ainsi que des Affaires foncières, avec l’appui de l’Agence nationale de protection du patrimoine immobilier de l’État (AN-PPIE).
Cette coordination vise notamment à sécuriser les titres et documents fonciers et cadastraux et à assurer un traitement diligent des cas signalés.
Le gouvernement réaffirme ainsi sa détermination à protéger le droit de propriété, à lutter contre toutes les formes de spoliation foncière et immobilière, à garantir la sécurité juridique et judiciaire des droits régulièrement établis et à préserver le patrimoine public comme privé, dans le strict respect de la loi.
