Kinshasa, 27 août 2026 – L’opposant congolais Delly Sessanga s’insurge contre la décision du Gouvernement de fermer les établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et Bukavu, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans une déclaration, il estime que la guerre ne doit pas entrer dans les salles de classe et juge cette mesure inacceptable. Pour lui, la fermeture des universités ne constitue pas un moyen de défendre la République, mais prive plutôt une partie de la jeunesse congolaise de son droit à l’éducation.
Delly Sessanga s’appuie notamment sur les articles 42 et 43 de la Constitution, qui consacrent respectivement la protection de la jeunesse et le droit à l’éducation. Il considère que, quelles que soient les circonstances sécuritaires, la fermeture des établissements d’enseignement porte une atteinte grave à ce droit.
L’ancien candidat à la présidentielle rappelle que, même durant les périodes les plus difficiles de l’histoire du pays, les activités scolaires et les examens ont continué à être organisés. Il estime que les étudiants de Goma et de Bukavu doivent bénéficier des mêmes droits et perspectives d’avenir que ceux des autres villes de la RDC.
Sessanga souligne également que les populations de l’Est ont déjà subi de lourdes conséquences de la guerre, notamment les morts, les déplacements, la pauvreté, la séparation des familles et la paralysie de l’économie. Il appelle ainsi les autorités à ne pas ajouter à ces difficultés une mesure qui compromettrait davantage l’avenir des jeunes.
« Les étudiants ne sont responsables ni de l’occupation de leur ville, ni des décisions de l’AFC/M23, ni de la nomination des comités de gestion. Pourquoi devraient-ils en subir la sanction ? », s’interroge-t-il.
Tout en reconnaissant la nécessité de défendre l’autorité de l’État, Delly Sessanga estime que celle-ci ne peut être restaurée en privant une partie de la jeunesse congolaise de son droit à l’éducation.
Il demande au Gouvernement de rapporter l’arrêté de fermeture, de permettre la réouverture des établissements concernés et de mettre en place des mécanismes garantissant la continuité des enseignements, des examens et la validation des diplômes, sans pour autant reconnaître ou légitimer l’administration mise en place par l’AFC/M23.
Pour lui, Goma et Bukavu sont la République démocratique du Congo. Leurs étudiants sont nos enfants. Leur avenir est notre avenir.
