Kinshasa, 21 août 2026- La liberté de la presse est de nouveau sous pression dans les territoires du Sud-Kivu contrôlés par l’AFC/M23. Selon l’organisation Journaliste en danger (JED), le mouvement aurait imposé de nouvelles restrictions aux médias opérant dans les zones sous son contrôle, limitant fortement leur liberté éditoriale et leur capacité à diffuser des informations indépendantes.
D’après JED, les médias locaux se voient interdire tout débat politique ainsi que le relais d’informations en provenance de Kinshasa. Les organes de presse seraient également sommés de privilégier la couverture des activités de l’AFC/M23, tandis que certains contenus devraient désormais faire l’objet d’une validation préalable avant leur diffusion.
Cette nouvelle directive est perçue par l’organisation de défense de la liberté de la presse comme une véritable mise sous contrôle de l’espace médiatique. Elle pourrait contraindre les journalistes à travailler dans un environnement où les sujets abordés, les invités reçus et les informations diffusées sont soumis à des restrictions imposées par les autorités de fait.
Selon JED, ces mesures feraient suite à une émission diffusée sur Radio Bukavu FM au cours de laquelle des intervenants avaient dénoncé une expulsion forcée. Cette émission aurait provoqué un durcissement des pressions exercées sur les médias opérant dans la région.
Pour Journaliste en danger, cette situation constitue une menace sérieuse pour la liberté d’expression et le pluralisme médiatique dans le Sud-Kivu. L’organisation rappelle que les populations ont droit à une information libre, indépendante et diversifiée, particulièrement dans un contexte de conflit où l’accès à une information fiable est essentiel.
La restriction des informations provenant de Kinshasa et l’interdiction des débats politiques risquent, selon les défenseurs de la liberté de la presse, de réduire considérablement l’espace réservé aux opinions contradictoires dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23.
JED appelle ainsi au respect de la liberté de la presse et à la protection des journalistes, tout en exhortant les acteurs concernés à garantir aux médias la possibilité d’exercer leur mission d’information sans intimidation, censure ou pression politique.
