Kinshasa, 26 août 2026- La controverse autour de la suspension des activités académiques et para-académiques dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur à Goma, au Nord-Kivu, et à Bukavu, au Sud-Kivu, prend une tournure politique.
Le président du Forum National de la Jeunesse, Patrick Katengo, défend la décision des autorités congolaises et rejette fermement les critiques formulées par Francine Muyumba, estimant que cette position ne tient pas suffisamment compte de la réalité sécuritaire qui prévaut dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Pour Patrick Katengo, la question ne peut être analysée indépendamment de la guerre qui affecte ces deux villes. Selon lui, la suspension des activités académiques ne constitue pas un renoncement au droit à l’éducation, mais une mesure dictée par les impératifs de sécurité, alors que les étudiants, les enseignants et les infrastructures universitaires sont exposés aux conséquences directes du conflit armé.
« Aucune université ne peut fonctionner normalement lorsque la sécurité de ses étudiants, de ses enseignants et de ses infrastructures est directement compromise », soutient, en substance, le responsable du Forum National de la Jeunesse, pour qui la protection des vies humaines doit demeurer la priorité dans les zones touchées par les affrontements.
Patrick Katengo insiste également sur le caractère national de la question. Goma et Bukavu, rappelle-t-il, sont des villes congolaises, tandis que les étudiants qui y poursuivent leurs études sont des citoyens dont l’avenir relève pleinement de la République.
La suspension temporaire des cours ne devrait donc pas être interprétée, selon lui, comme un abandon de la jeunesse de l’Est, mais comme une mesure exceptionnelle liée aux circonstances sécuritaires.
Le président du Forum National de la Jeunesse estime ainsi que le débat sur l’enseignement supérieur doit être replacé dans le contexte de la guerre et des menaces qui pèsent sur l’intégrité territoriale de la RDC.
Dans cette lecture, la priorité immédiate reste la protection des populations et la défense du territoire national, avant une reprise des activités académiques dès que les conditions de sécurité seront réunies.
C’est dans ce cadre que Patrick Katengo s’en prend particulièrement à la position de Francine Muyumba. Il juge ses prises de position incompatibles avec les impératifs de cohésion nationale en période de conflit et va jusqu’à la qualifier d’« ennemie de la République », une accusation politiquement lourde qui traduit la fermeté de son désaccord.
Pour lui, les responsables politiques doivent, dans une période marquée par la guerre, privilégier l’unité nationale, la défense de la souveraineté et le soutien aux institutions chargées de protéger les populations.
Il estime que les divergences politiques ne devraient pas contribuer à fragiliser davantage une République déjà confrontée à de graves défis sécuritaires.
Toutefois, cette défense de la mesure gouvernementale ne signifie pas, selon Patrick Katengo, que la question de l’éducation doit être reléguée au second plan.
Il appelle plutôt à garantir la continuité du parcours des étudiants et à préparer la reprise des enseignements dès que les conditions sécuritaires le permettront.
La jeunesse de Goma et de Bukavu, soutient-il, ne doit pas être considérée comme une génération sacrifiée par la guerre. Elle doit au contraire être protégée, accompagnée et préparée à jouer un rôle majeur dans la reconstruction du pays.
À travers cette prise de position, Patrick Katengo place ainsi la controverse autour de la suspension des activités académiques au croisement de trois enjeux : la sécurité des populations, la défense de la souveraineté nationale et la préservation de l’avenir de la jeunesse congolaise.
Pour lui, la responsabilité patriotique consiste précisément à maintenir cet équilibre dans un contexte où la guerre impose des décisions exceptionnelles.
