Goma, 6 septembre 2026 – Le jeune activiste congolais Claude Musavuli affirme avoir constitué, avec son équipe, un dossier documentant de graves violations présumées des droits humains dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 à Goma.
Invité du premier numéro du Space « Les Voix de l’Est », l’activiste a déclaré que les enquêtes menées par son équipe auraient permis de localiser plusieurs fosses communes, des lieux de détention clandestins ainsi que des maisons qui auraient été transformées en véritables « mouroirs ».
Selon Claude Musavuli, des personnes seraient détenues dans ces différents sites dans des conditions extrêmement difficiles, certaines y trouvant quotidiennement la mort. Il évoque également un mode opératoire qui viserait, selon les éléments recueillis par son équipe, à réduire au silence et à éliminer des personnes considérées comme des voix dissidentes.
L’activiste assure que le travail de documentation ne repose pas uniquement sur des témoignages isolés. Il affirme avoir constitué un dossier avec son équipe et promet de transmettre les éléments recueillis aux autorités congolaises afin que les faits dénoncés puissent faire l’objet d’un examen approfondi.
Ces nouvelles déclarations s’inscrivent dans la continuité d’un rapport présenté par Claude Musavuli à Goma le 8 août dernier. Ce document faisait état de 31 fosses communes présumées, de disparitions, de détentions clandestines et d’exécutions attribuées par son auteur aux forces de l’AFC/M23. Les informations contenues dans ce rapport avaient été recueillies à travers plusieurs mois de témoignages, d’observations et de collecte de données.
Les accusations relatives aux détentions clandestines et aux mauvais traitements dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 ont également été documentées par d’autres organisations. Dans un rapport publié en juin 2026, Human Rights Watch a fait état d’arrestations massives, de détentions au secret et de traitements inhumains dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, notamment à Goma. L’organisation affirme avoir recueilli les témoignages d’anciens détenus décrivant des passages à tabac, des mauvais traitements graves et des conditions de détention potentiellement mortelles.
La Commission nationale des droits de l’homme avait également fait état, dans un rapport couvrant notamment la période de janvier à juin 2025, d’allégations d’exécutions extrajudiciaires et d’inhumations collectives de détenus à Goma, tout en évoquant des lieux de détention secrets et des conditions de détention inhumaines.
Pour Claude Musavuli, la transmission de son dossier aux autorités congolaises doit permettre d’aller au-delà des révélations et d’identifier les responsabilités. La question de la vérification indépendante des différents sites signalés, notamment les fosses communes présumées, reste cependant essentielle pour établir avec précision l’identité des victimes, les circonstances de leur mort et les responsabilités éventuelles.
Les révélations de l’activiste viennent ainsi relancer les appels en faveur d’enquêtes approfondies sur les graves accusations de violations des droits humains dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23.
