Kinshasa, 01 septembre 2026 – En République démocratique du Congo, le débat autour du Dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi le 27 août 2026 ne part pas de zéro. Avant même l’intervention du chef de l’État, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) avaient déjà formulé des propositions sur la conduite d’un tel processus, tout en mettant en garde contre les risques d’une démarche excessivement centralisée.
Dans une contribution technique et stratégique élaborée avant le discours présidentiel, les deux principales plateformes religieuses estimaient que leur initiative, le Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble, et le projet porté par Félix Tshisekedi poursuivaient des objectifs largement convergents.
Parmi ces objectifs figurent notamment la restauration d’une paix durable, la consolidation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, le renforcement de la cohésion nationale ainsi que la refondation de l’État.
Mais au-delà de cette convergence des finalités, la CENCO et l’ECC insistaient sur la nécessité d’un processus suffisamment inclusif, participatif et structuré pour éviter que le dialogue national ne soit réduit à une démarche pilotée exclusivement depuis le centre.
Cette contribution prend une résonance particulière depuis l’annonce présidentielle du 27 août. Félix Tshisekedi avait alors annoncé l’organisation, sur le territoire national, d’un Dialogue national consacré notamment à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État, avec des consultations prévues dans les 26 provinces.
L’approche défendue par les confessions religieuses apparaît ainsi comme une réflexion préalable aux orientations annoncées par le chef de l’État. Elle souligne notamment l’importance de prendre en compte les réalités et les attentes des différentes composantes de la société congolaise dans la construction d’un consensus national.
Cette position intervient alors que le Dialogue national est appelé à jouer un rôle majeur dans la recherche d’une sortie de crise en RDC, dans un contexte marqué par la persistance des tensions sécuritaires, les divisions politiques et les revendications autour de la gouvernance du pays.
La CENCO et l’ECC se retrouvent donc au cœur du débat : tout en reconnaissant la convergence entre leur Pacte Social et l’initiative présidentielle sur les objectifs poursuivis, elles plaident pour que la méthode de conduite du processus soit à la hauteur de ses ambitions.
Le principal enjeu reste désormais de savoir si le Dialogue national pourra dépasser une logique institutionnelle et devenir un véritable espace de concertation nationale, capable d’associer les différentes forces vives du pays et de déboucher sur des engagements concrets en faveur de la paix et de la refondation de l’État.
