Goma, 7 septembre 2026- Un agriculteur du village de Bonde, situé sur l’axe Masisi-Nyabiondo, dans le territoire de Masisi, s’est évanoui lundi après la destruction de ses bananiers au cours d’une opération attribuée aux rebelles de l’AFC/M23.
Selon des membres de sa famille et des témoins, l’homme a perdu connaissance vers 11 heures, peu après avoir constaté l’abattage de ses bananiers. Ses proches affirment que cette plantation constituait sa principale source de revenus et lui permettait notamment de prendre en charge la scolarité de ses enfants, l’alimentation et les dépenses quotidiennes du ménage.
Son fils, Emmanuel Bk, explique que la destruction de cette exploitation représente un lourd préjudice pour la famille, désormais privée de son principal moyen de subsistance.
Cette situation est dénoncée alors que des responsables de la société civile dans les territoires de Masisi et de Rutshuru ont récemment fait état de plusieurs cas de destruction de bananeraies appartenant à des populations civiles. Ils appellent à la protection des cultures et des terres agricoles, essentielles à la survie de nombreuses familles de ces zones rurales.
La question de la destruction des moyens de subsistance des populations civiles dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 est régulièrement soulevée par des acteurs locaux. Les bananeraies occupent une place importante dans l’économie des ménages de Masisi et de Rutshuru, où de nombreuses familles dépendent de l’agriculture pour leurs revenus et leur alimentation.
Lors d’un Space consacré à la situation dans l’Est de la RDC, un juriste a estimé que la destruction répétée de cultures appartenant à des civils pouvait faire l’objet d’un examen au regard du droit international humanitaire. Il a notamment évoqué la possibilité d’étudier ces faits sous l’angle des crimes de guerre ou des crimes environnementaux, selon les circonstances et les éléments de preuve qui pourraient être établis.
Ces déclarations ne constituent toutefois pas une qualification judiciaire des faits survenus à Bonde. Une telle qualification nécessite une enquête et l’établissement des responsabilités par les instances compétentes.
Pour la famille de cet agriculteur, la priorité reste désormais de faire face à la perte de cette plantation, alors que les habitants de Bonde et d’autres localités de Masisi continuent de dépendre largement de leurs champs pour assurer leur survie.
