Kinshasa, 8 septembre 2026- Le professeur Louis Akilimali Kahumbugu Chiririmbo a publié une tribune intitulée « L’Agresseur libérateur ou Libérateur agresseur. Le Deal du Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23 », dans laquelle il propose une lecture historique, juridique, économique et théologique des conflits qui secouent l’Est de la République démocratique du Congo depuis 1996.
À travers cette réflexion, l’auteur revient sur les différentes guerres qui ont marqué l’histoire récente de la RDC, de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) jusqu’à l’actuelle rébellion de l’AFC/M23.
Le professeur soutient que plusieurs mouvements armés ayant opéré dans l’Est du pays se sont présentés comme des forces de libération, alors qu’ils ont également été accusés d’occupation de territoires, d’exploitation des ressources minières et de violations des droits humains.
Au centre de son analyse figure ce que Louis Akilimali Kahumbugu Chiririmbo qualifie de « deal du Rwanda et de ses supplétifs de l’AFC/M23 ».
Selon sa lecture, ce « deal » repose sur quatre principaux volets. Le premier est sécuritaire et s’articule autour de la question de la lutte contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Le deuxième volet est économique et concerne les minerais stratégiques dont regorge l’Est de la RDC, une région particulièrement convoitée pour ses importantes ressources naturelles.
Le troisième aspect est politique. L’auteur évoque la question du contrôle des territoires et des zones d’influence dans une région où les conflits armés ont profondément bouleversé les rapports de force.
Enfin, la quatrième dimension est psychologique. Selon le professeur, elle viserait à influencer la perception des populations ainsi que celle de la communauté internationale afin de légitimer certaines formes de contrôle territorial et les actions des groupes armés.
Dans sa tribune, Louis Akilimali Kahumbugu Chiririmbo insiste également sur le sort des populations civiles, qu’il considère comme les premières victimes de cette crise persistante.
Il estime que la faiblesse de l’État congolais, combinée aux conséquences de l’occupation et du contrôle de plusieurs territoires par des groupes armés, a contribué à maintenir des millions de Congolais dans une situation d’insécurité, de déplacement et de vulnérabilité.
À l’issue de sa réflexion, le professeur avance plusieurs propositions pour contribuer à une sortie durable de crise dans les Kivu.
Il propose notamment la création d’une commission vérité-justice-réconciliation pour les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la professionnalisation des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ainsi que le renforcement de la diplomatie congolaise.
L’auteur plaide également pour une meilleure traçabilité des minerais, qu’il considère comme un enjeu majeur dans la lutte contre l’économie des conflits, ainsi qu’une implication accrue des Églises et de la jeunesse dans les efforts de paix et de réconciliation.
Cette tribune relève de la responsabilité exclusive de son auteur et s’inscrit dans le débat public sur les causes profondes des violences dans l’Est de la RDC et les pistes susceptibles de favoriser une paix durable dans cette région meurtrie par plusieurs décennies de conflits.
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Junior Kanyiki
