Kinshasa, 21 septembre 2026 – Kinshasa et Abu Dhabi renouent le dialogue autour de Musonoï East, un gisement de cuivre et de cobalt situé dans le Lualaba et considéré comme l’un des actifs à fort potentiel encore associés au portefeuille de la Gécamines. Selon Africa Intelligence, les discussions ont repris autour de ce dossier minier, alors même que les réserves du gisement doivent encore être officiellement certifiées.
Le retour d’Abu Dhabi dans le dossier de Musonoï East intervient dans un contexte où la Gécamines cherche à renforcer sa maîtrise de ses actifs stratégiques et à mieux valoriser le cuivre et le cobalt congolais.
Le cuivre et le cobalt constituent en effet deux ressources majeures de l’économie minière congolaise. La RDC occupe une place centrale sur le marché mondial du cobalt et figure également parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre. Cette importance explique l’intérêt croissant d’investisseurs internationaux pour les gisements du Copperbelt congolais.
Musonoï East s’inscrit précisément dans cette dynamique. Son potentiel demeure toutefois à apprécier avec prudence, puisque Africa Intelligence souligne que ses réserves ne sont pas encore certifiées. Il convient donc de distinguer le potentiel géologique évoqué autour du projet des réserves officiellement établies.
Selon Africa Intelligence, le retour des Émirats arabes unis ne se limite pas à la seule dimension minière. Il intervient alors que les relations entre Kinshasa et Abu Dhabi se sont considérablement intensifiées ces dernières années, notamment sur le plan sécuritaire.
Cette évolution donne au dossier Musonoï East une dimension supplémentaire. Pour les Émirats, l’accès aux ressources stratégiques africaines s’inscrit dans une politique plus large de diversification de leurs investissements et de sécurisation de chaînes d’approvisionnement en minerais critiques.
Pour Kinshasa, l’enjeu consiste notamment à attirer des capitaux et des partenaires capables de contribuer au développement des infrastructures minières, tout en préservant les intérêts économiques de l’État et de la Gécamines.
Le dossier intervient également à un moment où la Gécamines cherche à revoir sa position dans plusieurs partenariats miniers.
La société minière publique congolaise avait déjà affiché sa volonté d’obtenir davantage de contrôle sur ses coentreprises, d’améliorer ses revenus et de récupérer une part plus importante de la valeur générée par les ressources congolaises.
Musonoï East apparaît donc comme un dossier particulièrement sensible : la manière dont sera structuré un éventuel partenariat déterminera non seulement le financement du projet, mais aussi la répartition du contrôle, des revenus et de la production future.
L’intérêt porté à Musonoï East doit également être replacé dans le contexte de la compétition internationale autour des minerais critiques.
Le cuivre est indispensable aux réseaux électriques, aux infrastructures et à l’électrification, tandis que le cobalt reste utilisé notamment dans certaines chaînes de valeur des batteries et de l’industrie technologique.
La RDC possède une position particulièrement importante dans cette chaîne d’approvisionnement. Les données de l’US Geological Survey montrent l’importance considérable de la production congolaise de cuivre et de cobalt, notamment dans la province du Lualaba.
À l’échelle locale, la région de Kolwezi concentre plusieurs grands projets cuprifères et cobaltifères. Le potentiel géologique de Musonoï est d’ailleurs documenté depuis plusieurs décennies dans les archives géologiques de l’Université de Lubumbashi et de la Gécamines.
La reprise des discussions autour de Musonoï East intervient donc à la croisée de trois intérêts majeurs : les ressources minières, les investissements internationaux et le rapprochement stratégique entre la RDC et les Émirats arabes unis.
Elle intervient également alors que les autorités congolaises cherchent à diversifier leurs partenariats économiques. En juillet 2025, une mission économique congolaise à Abu Dhabi avait déjà débouché sur plusieurs accords de confidentialité concernant notamment des projets énergétiques et une raffinerie de cuivre et de cobalt.
Musonoï East pourrait ainsi devenir un nouveau test de la relation économique entre Kinshasa et Abu Dhabi.
Pour la RDC, la question centrale sera de transformer le potentiel du gisement en investissements, en production et en retombées économiques concrètes. Pour Abu Dhabi, l’enjeu est de consolider sa présence dans un secteur devenu stratégique à l’échelle mondiale.
Une chose est désormais claire : à Musonoï East, le cuivre et le cobalt ne sont plus les seuls enjeux. Derrière le gisement se dessine une bataille plus large autour du contrôle, du financement et de la valorisation des ressources minières stratégiques de la RDC.
